Victoire : COP21, accord sur le climat adopté

L’accord sur le climat adopté à l’unanimité au Bourget – COP21 sous les applaudissements de 40000 participants. L’aboutissement historique d’une négociation sous pression s’achève par des larmes de joie de même qu’une standing ovation pour une victoire humaine.

 

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31 pages et 29 articles vers de nouvelles mesures historiques, humanistes et écologiques, après un retard survenu à l’occasion d’un crêpage de chignon dans les règles entre une responsable de l’ONU et la représentante des pays africains les plus défavorisés. Photo © socialnews.fr

 

Le texte juridiquement contraignant prévoit en priorité 100 milliards de budget par an, premier versement collectif en 2020, incluant une clause de révision à la hausse de ce fond commun tous les cinq ans, à compter de 2025, délai critiqué. L’accord reste historique vers la reconnaissance de la gravité sans précédent des désastres écologiques et l’état d’urgence de la condition humaine.

 

«Les dérèglements climatiques ont commencé», rappellent les experts. Pour certains, l’accord de Paris symbolise un geste même si la vigilance reste le mot d’ordre principal, au regard de la «réalité» immédiate. Pour d’autres, dans l’espoir de «limiter la casse», l’accord aurait dû exprimer une contrainte imposée avant l’année 2020. L’interprétation paradoxale du délai d’application de l’accord est vivement critiquée, à cette heure, «une démission des chefs d’État», côté vert, pour une situation chaotique et conflictuelle planétaire sans retour. Rendez-vous pris avec l’histoire…

Équation encore insolvable à méditer, rien n’empêchera les faits de s’aggraver dans les proches années, les contraintes chiffrées n’ont pas été mentionnées officiellement, des points financiers restent encore très obscurs en terme d’exploitation des énergies fossiles. L’étape de l’accord universel marque toutefois le point de départ d’une volonté commune à mettre en œuvre un plan de travail aux engagements écologiques aussi bien qu’économiques progressivement amplifiés. Les faiblesses de l’accord ou les engagements des multinationales se révèlent désormais en ligne de mire des lanceurs d’alerte et des médias dans les années à venir.

 

Limiter la hausse du réchauffement de la planète à 1.5 degré soit 450 milliards de tonnes de CO2 dans l’air, un pari subtil: le texte n’énonce pas les outils à employer vers le succès d’un abandon des énergies fossiles.

 

Limiter la hausse du réchauffement de la planète à 1.5 degré au lieu de 2 degrés comme prévu à l’origine par les accords de Copenhague histoire de maintenir des conditions climatiques globales «gérables», chaque année, $100 milliards seront mis en jeu sur la table d’une partie d’échec mondiale. Une mesure à  échelle universelle devrait prendre effet entre 2020 et 2023 — au lieu de 2017 comme le souhaitait initialement la France — mais prévoit une révision, une mutation, des objectifs écologiques et financiers à la hausse, tous les cinq ans.

Barrer la route aux énergies fossiles pour se diriger vers un nouvel accord autour de l’exploitation des énergies renouvelables, rester sous la barre des 2 degrés, les engagements des états détermineront, dès la semaine prochaine, la nouvelle attitude vers un respect de la ligne «1.5 degré» à venir. À noter qu’à l’heure actuelle, le réchauffement s’oriente vers un dépassement de température à hauteur de 3 degrés, selon les experts.

 

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«On est au bout d’un chemin mais au début d’un autre» (Laurent Fabius). Source photo © bbc.com

 

Les pays en développement sont parvenus à un accord contraignant concernant la domination économique des nations fortement industrialisées sur les plus fragiles. Exemple, les conséquences du développement de la Chine et de l’Inde sur leur propre environnement et les pays limitrophes. Les petits pays insulaires s’avèrent par ailleurs favorisés face au risque de montée des eaux dans certaines régions du monde.

Aucune mention d’obligation financière contraignante dans le texte adopté concernant la taxe carbone, une certaine victoire du lobby pétrolier, par exemple, pour le Venezuela ou l’Arabie Saoudite, à l’occasion de ces négociations mondiales. Néanmoins, des compagnies excessivement nocives et pollueuses comme Shell ou BP, parmi d’autres, s’engagent à réagir rapidement en organisant de toute urgence des réunions pour respecter les efforts requis. De nouvelles mesures plus détaillées devraient être présentées publiquement à cet effet, d’ici 2018.

 

«Nous sommes unis, nous sommes ensemble, nous sommes heureux de rentrer à la maison avec ce texte», a déclaré la délégation chinoise. Lire: COP21: Pékin, alerte «Airpocalypse»

 

Signe de quelques faveurs diplomatiques ou véritable éveil? Tout laisse à penser qu’un pas dans la conscience humaine à bien été franchi malgré des engagements et des efforts communs promis sur une durée éloignée dans le temps. Le compte à rebours est maintenant amorcé, il ne reste plus que dix ans de consommation des énergies fossiles: charbon, gaz, pétrole. L’échéance prévoyant la fin de l’exploitation carbone ou encore certaines mentions au sujet des énergies renouvelables restent, en clôture de la COP21, des concepts encore «flous».

Les organisateurs de l’évènement ont préféré cibler dès le départ un objectif «large et souple» vers une optique de faisabilité réaliste d’un accord historique pour lequel Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, n’a pas caché son émotion à l’occasion d’une allocution, samedi 12 décembre, au Bourget, avant de suivre la poursuite de la séance plénière à distance, le temps de clôturer ce projet de premier accord universel sur les questions climatiques en devenir.

 

Marion Calviera
© PAM 2015

 

 

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