Synapse, relax : la société esclave de Tony Oursler

Focus sur un maître de l’art urbain, l’incontournable artiste pluridisciplinaire américain, Tony Oursler, dont les œuvres constituent une somme d’installations complexes intégrant vidéo artistique, sculpture, illustration, scénographie, et performance.

 

Le festival de la photographie Les Rencontres d’Arles présente Imponderable, une exposition et un projet de recherche dédié à la collection de l’artiste Tony Oursler, comprenant un film en 4D, jusqu’au 15 septembre.

 

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Tony Oursler, Les faux visages

 

Entre 1976 et 1979, Tony Oursler intègre The California Institute of the Arts, une école dédiée à l’univers des arts contemporains, basée à Valencia, dans la banlieue de Los Angeles en Californie. L’académie, créée en 1961 par Walt Disney, ouvre ses portes en 1971…

 

Ses travaux ont été exposés dans de nombreux musées, parmi lesquels le Stedelijk Museum (Amsterdam, 2014), le Pinchuk Art Centre (Kiev, 2013), l’ARoS Aarhus Kunstmuseum (Danemark, 2012), le Helsinki City Art Museum (Finlande, 2005), le Metropolitan Museum of Art (New York, 2005), le KunsthausBregenz (Autriche, 2001) et le Whitney Museum (New York, 2000). Tony Oursler a participé à d’importantes expositions collectives telles que Documenta VIII et IX. Ses oeuvres font partie des collections du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden (Washington), du centre Georges Pompidou (Paris), du MoMA (New York) et de la Tate Gallery (Londres).

 

Rapidement, l’artiste entame une quête sauvage et assidue à la recherche d’une libération mentale du genre humain, d’un abolissement de toutes les frontières du réel. La réalité, cette projection d’images extrêmes parfois insoutenables, reflet d’une société malade, annihilée, manipulée. Une société qui se cherche, une société qui doute, et qui se perd. Tony Oursler creuse dans l’image pour trouver une issue dans les labyrinthes et les tourments de l’humanité, esclave de son destin.

 

«Esthétiser une faillite de la culture»

 

Priorité «aux états psychologiques, à l’imaginaire plutôt qu’à l’aspect documentaire»

 

L’artiste s’interroge par un enchainement de séquences, d’images et de plans, structurés en performances scénographiées «par associations par analogies». L’image projetée sur l’objet lui accorde une naissance. Tony Oursler appréhende le corps humain comme «le vecteur d’une transgression libératrice», de l’Homme et de sa partie sombre. Opacité d’une attraction que partage toute une génération d’artiste américain — notamment Mike Kelley avec qui Tony Oursler fonda le groupe Rock-Punk The Poetics par exemple—, qui se traduit chez Oursler par une volonté «d’esthétiser une faillite de la culture», rappelle le critique d’art Paul Ardenne dans «Corps incommunicants», in Tony Oursler, aux éditions Flammarion, Paris.

 

 

 

«Déconstruction du corps, plan après plan» (Diamond, 1979)

 

Tony Oursler plonge dans le malaise et les névroses «entre l’humain et sa production culturelle» parmi de nombreux thèmes opaques et récurrents de la société urbaine contemporaine: violence, sexe, religion, argent, famille, contrôle des médias… L’Homme manipulé, prisonnier d’une réalité ordinaire, s’inscrit au centre d’une œuvre tourmentée au corps torturé. L’Être «fragmenté» évolue dans un espace improbable, dur, sombre, absurde, burlesque…

 

 

«J’étais fasciné par la technologie. La vidéo semblait répondre à mon état d’esprit hyperactif. C’était une chose à laquelle je pouvais m’adonner de manière instantanée […]. Cela permettait l’accès instantané à un espace pop qui était auparavant inaccessible, qui était réservé pour une autre partie de la culture», explique Tony Oursler, en s’interrogeant le pouvoir de la télévision, du montage, du trucage, son impact sur le psychisme et le rapport à la réalité (Judy, 1994).

Au début des année 80, il amplifie la puissance des enregistrements sonores répétés en boucle jusqu’à la folie, la démence… l’obsession. Ses films ou ses installations vidéo, comme Joe ; Transsexual Brother (1976), The Rosey Finger of Dawn (1979), Grand Mal (1981), Evol (1984), Sleep Walk (2002), au-delà de la critique des médias, parlent du hasard, du sexe, des manipulations génétiques, de la violence, de l’action, des stéréotypes.

 

 

EN SAVOIR +

LES RENCONTRES D’ARLES
« IMPONDERABLE » – TONY OURSLER
6 JUILLET – 20 SEPTEMBRE 2015
10h-19h30

 

"Imponderable", Tony Oursler @ Luma Foundation | Les Forges, Parc des Ateliers, Arles, France, jusqu'au 15 septembre 2015, dans le cadre des Rencontres d'Arles.

« Imponderable », Tony Oursler @ Fondation Luma  | Les Forges, Parc des Ateliers, Arles, France, jusqu’au 15 septembre 2015, dans le cadre des Rencontres d’Arles.

 

 

« Impondérable est une exposition et un projet de recherche dédié à la collection de l’artiste Tony Oursler ». Impondérable suggère l’idée de ce qui ne peut être déterminé avec précision. Les scientifiques du XVIIIe siècle utilisaient ce mot pour décrire les énergies qu’on ne parvenait pas à quantifier. L’impondérable suggère aussi une sphère de spéculation peuplée de croyances et nourrie de surnaturel. Inspirée par l’histoire de la science, l’optique, le spectacle et la religion, pour Oursler cette archive personnelle tient également lieu d’histoire familiale. Il s’est ainsi lancé, depuis les années 1990, dans la collecte de milliers de documents et objets remontant au XVIIIe siècle et qui constituent aujourd’hui ses archives. Organisée par Beatrix Ruf et Tom Eccles, Impondérable s’articule autour d’un film en 4D explorant les systèmes de croyance conflictuels et en chevauchement, et d’un ouvrage présentant ces archives au public pour la première fois. Cette exposition qui explore les relations entre archives et production artistique reflète l’un des axes de programmation de LUMA Arles autour de la notion d’archive. »

 

Commissaires de l’exposition : Beatrix Ruf et Tom Eccles.
Exposition commanditée et produite par la fondation LUMA pour le parc des Ateliers d’Arles, France.
Publication : « Impondérable. Les archives de Tony Oursler », fondation LUMA, 2015.
Exposition présentée à l’atelier des Forges, parc des Ateliers.
atelier des forges

25€ Pass Atelier

 

 

www.tonyoursler.com

www.luma-arles.org

 

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