«River of Fundament»: Matthew Barney enfile sa peau de sculpteur

Mutatogénèse

«Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au dessus des eaux (…)». Quand Dieu dit «Que la lumière soit !», forcément, People Act Magazine dit cap sur la légende urbaine du performer Matthew Barney dans le cadre de l’exposition «River of Fundament» à l’espace contemporain Haus der Kunstjusqu’au 17 aout à Munich.

 

 

Psychédélique, mental… 

 

Gueule d’ange au talent démoniaque, le designer d’images, réalisateur, et photographe averti, Matthew Barney, compte parmi les génies de l’Art Mutant. Doté d’un sens inné pour l’introspection extrême, l’artiste cultive une bipolarité prolifique, assumée. Ce visionnaire intrépide évolue en maître dans chacune de ses dimensions. Entre BD, délire, satyre, et « sexualisation » biblique, le performer d’origine américaine n’a pas son pareil pour se métamorphoser, converser avec ses démons, et se mettre en scène autour d’un voyage psychédélique. Son expression satirique se concrétise grâce son oeuvre majeure, Cremaster (« The Cremaster Cycle »), un cycle de cinq films d’art conçus entre 1994 et 2002 de 41 minutes (Cremaster 1) à plus de trois heures pour Cremaster 3, hommage au muscle Cremaster. Une proposition alternative de l’image surréaliste au rythme saccadé, dynamique, acide, macabre, mythique, souvent déroutante pour un oeil ou une oreille novice. Une signature visuelle unique, immédiatement reconnaissable, vers des mondes contemporains inspirés de la mythologie grecque.

 

 

 

Matthew Barney dans sa peau de sculpteur

« River of Fundament » 

 

L’opportunité d’une immersion, sans doute la plus profonde et la plus surprenante, dans les univers de Matthiew Barney en tant que sculpteur. Si la sculpture tient depuis toujours un rôle fondamental dans la construction de ses images, les oeuvres proposées au coeur de l’exposition actuellement en cours, « River of Fundament », espace contemporain Haus der Kunst à Munich, nous permet d’entrevoir une facette moins provocatrice, plus réfléchie, un schéma d’accès simplifié à la nature des oeuvres et des créations d’un artiste… apaisé ? Les plus récents travaux de Matthew Barney y sont exposés, tous supports artistiques confondus. Sculptures, dessins, parmi d’autres réalisations.

Des projections en avant-première de son film expérimental (soit 6 heures de bobine), inspiré par une nouvelle de Norman Mailer « Ancient Evenings », du même nom que cette exposition se sont déroulées dans différents lieux de la ville de Munich depuis le mois de mars. En collaboration étroite avec le compositeur Jonathan Bepler, Matthew Barney combine les techniques traditionnelles  du cinéma narratif avec les éléments filmés d’une performance, d’une oeuvre sculpturale, et de l’opéra, en réinventant totalement la nouvelle de Norman Mailer. Une atmosphère hypersexuelle relatant l’histoire des dieux Egyptiens ainsi que les sept étapes de la réincarnation. Un récit juxtaposé sur celui de l’apogée et du déclin des pouvoirs de l’industrie automobile américaine.

 

 

« River of Fundament », le dernier long métrage expérimental de Matthew Barney. La première Européene du film s’est déroulée au Bavarian State Opera de Munich, le 16 mars dernier.

 

 

 

 

En savoir +

Matthew Barney’s exhibtion « River of Fundament »

Jusqu’au 17 Aout 2014

Haus der Kunst

Munich/Germany (Allemagne)

 

Marion Calviera

© PAM 2014

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