Présidentielle 2017: Homo politicus, France, vers une crise de régime?

Focus #02

Par Marion Calviera

 

 

Présidentielle 2017 ? « Dallas » ! Alain Juppé ? « Trop tard » ! Question(s) éthique(s), droite fracturée, programme électoral effacé devant tant de rebondissements inédits, nauséabonds, électeurs de tous bords consternés, familles politiques déchirées… Comment maintenir le cap et maitriser un saut vers l’inconnu au cœur d’une campagne présidentielle prenant racine dans un contexte extraordinaire ?

 

« Je confirme, une fois pour toute, que je ne serai pas candidat à la présidence de la République (…) », a déclaré ce matin Alain Juppé en se repliant sur la mairie de Bordeaux.  (DR)

 

« Au deuxième tour, Emmanuel Macron battrait Marine Le Pen avec 60% des voix. Si un second tour opposait la présidente du Front National à François Fillon, ce dernier l’emporterait avec 56% des voix contre 44% », selon un sondage OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique. Ainsi, le comité politique LR a renouvelé, en fin de journée, lundi 6 mars, son soutien au candidat Fillon.

 

Politique politicienne, règle n°1 :

Trop de politique tue la politique

A force de subdivisions, la classe politique sur la voie d’une constante provocation et de la dispute, divise l’opinion et fragilise les coalitions de tous bords. Égoïste, séparative d’elle-même, voilà qu’elle prend maintenant le risque de désintégrer son électorat national, selon un principe dangereux, la crise de régime. Les affaires et les mauvais choix de chacun stimulent en fait l’abstention des électeurs, jusqu’à frôler bientôt une crise aiguë du vote; comprendre un manque de voix. Si les candidats à la présidentielle ne se ressaisissent pas dans les jours à venir autour du degré de toxicité élevé de leurs campagnes respectives, sans élégance ni recul sur la situation générale plutôt ahurissante, tous devront assumer la dispersion des électeurs-migrants vers différents petits partis représentants des visages alternatifs de la droite et de la gauche française, au même titre qu’une progression exponentielle de l’abstention, avant et entre les 2 tours. Dans ce cas précis, une majorité quelconque ne pourrait être obtenue. Motif ? Un manque d’électeurs dû à la crise de régime dans l’Hexagone. A force de disputes et de mauvaises décisions générées par l’ensemble de la classe politique, voilà cette dernière aujourd’hui menacée d’auto-sabotage. Avis d’implosion des grands partis, alerte à l’autodestruction, entre bidouillages, petites coalitions et grands monologues de ténors (autocentrés). Ici, se love une invitation inconsciente au rejet du peuple, à la révolte, à l’abstention. Anciens ou récents, vainqueurs ou « victimes » de leurs amis comme de leurs adversaires, l’ensemble des partis en lice pourraient communément souffrir d’un manque de voix et ce, plus tôt qu’ils ne l’imaginent encore à cette heure.

 

Trop de candidats = plus assez d’électeurs

Les électeurs ne comprennent plus, ils ne trouvent plus leur place. Les affinités philosophiques, humanistes, intellectuelles, politiques, économiques et sociales s’estompent car les citoyens ne sont plus dupes. La dignité de la Nation a chuté vers une crise de régime sans fond. Zone de turbulences, orage en vue, la crise de régime d’une nation se construit sur la base d’un phénomène sous-jacent, le développement de nombreuses micro-alliances politiques nées de tous bords, révélatrices de périodes instables, agitées, d’une insatisfaction rugissante de l’électorat. Puis  — vue de l’intérieur — une crise de régime peut s’expliquer par l’avènement d’une nouvelle société, stimulée par le renouvellement de sa classe politique. Nouvelle génération = conflit de génération(s). Une jeune classe politique française certes talentueuse mais inexpérimentée et maladroite, en rejet catégorique des fausses valeurs, de l’image actuelle du pouvoir — ce pouvoir incarné par l’ambition— les manipulations respectives, la succession d’erreurs commises quasi incessantes de la classe politique traditionnelle et l’opacité du système démocratique tel qu’il se présente aujourd’hui. Un système qui s’effondre…

 

L’Homo Politicus dans toute sa splendeur

À force d’éclatements de la gauche, de la droite, du centre et de ses extrêmes, la ferveur hystérique du « lâché de dossier(s) », médiatiquement scénarisé en période électorale, sature rapidement les électeurs entrainant un mouvement migratoire massif en terres sauvages. Objectif ? Trouver un refuge provisoire en attendant la fin de l’orage, parmi ces mouvements alternatifs, jeunes donc versatiles — contemporains ou contestataires. Plus qu’un mécontentement ou un acte de révolte, le désappointement s’empare aujourd’hui d’une majorité de la population parvenue à saturation de la mise en scène globale, lassée au constat du triste, du mauvais spectacle offert par la caste de nos dirigeants aux yeux du Monde. Le désintéressement de la vie politique, au cours d’une présidentielle construite sur la base de carnages mutuels, successifs, incite au décollage des chiffres de l’abstention, le jour venu — comprendre au second tour de l’élection. Une overdose de coalitions politiques instables proposées sur le marché d’une élection présidentielle, engendre une dispersion de l’électorat vers de multiples partis n’incarnant qu’un aspect, un échantillon non représentatif de convictions philosophiques profondes et de pensées individuelles. Un électorat migrant donc fragile, provisoire, voguant au gré du vent et des affaires dévoilées, choix impulsifs de l’instant. Ainsi, trop de politique tue la politique.

 

 

En coulisses, la violence psychique accompagnée d’une certaine ferveur hystérique est générée par l’ambition personnelle parfois démesurée, voire mégalo, des politiques actuels qui ne touchent plus Terre — comme le mentionnait l’an dernier une enquête Le Point. Ces ténors eux-mêmes conseillés par quelques Spin Doctors aux dents longues et visiblement mal aiguisées en temps de guerre, focalisent sur leurs ambitions personnelles respectives selon une absence totale d’altruisme. Envisager la politique telle une arène sauvage et froide n’indique pas toujours un présage de puissance. La démonstration de force ne relève pas systématiquement d’une démonstration de violence. Le chemin du discernement et celui de la subtilité mèneraient-ils vers la sagesse ? Mai 2017 ? Une scène théâtrale, sans pitié ni concession, affaire après affaire. En l’occurrence, des choix politiques stratégiques explosifs — non un dérapage dû à l’ensemble des réseaux médiatiques dont la fonction principale, en général, reste d’informer — traduire « alerter le peuple » — d’un danger et de certaines malversations à son encontre.

 

Difficulté de convaincre d’une alternance droite-centre

Alain Juppé est apparu « amer », « très sombre », d’après l’intégralité des observateurs, à l’occasion de la conférence de presse organisée, lundi 6 décembre — au lendemain de la manifestation filloniste, précédée de la démission d’une majorité des soutiens de campagne de François Fillon. Depuis son élection à la tête du parti, François Fillon n’est pas en campagne mais bien en position permanente de justification quant à la légitimité de sa candidature. « François Fillon avait un boulevard devant lui », a estimé Alain Juppé face aux caméras de la presse nationale et internationale. Analyse juppéiste de la situation ? La droite se retrouve maintenant « dans l’impasse à cause de l’obstination de François Fillon (…) ». « Je ne suis pas en mesure aujourd’hui de rassembler autour d’un projet fédérateur; c’est pourquoi je confirme, une fois pour toute, que je ne serai pas candidat à la présidence de la République (…) », a-t-il insisté. Le maire de Bordeaux a réglé ses comptes en toute franchise: « Quel gâchis! (…) », « une radicalisation à la base de la droite française (…) »; Alain Juppé a décidé d’un retrait de la vie politique nationale pour se concentrer ses fonctions de maire, à Bordeaux. D’après son expertise de la situation, une partie de l’électorat est dangereusement perdu, déboussolé, éclaté parmi les micro-alliances naissantes et les micro-partis, en cours de développement. Une réponse au chaos politique induit volontairement et cultivé, d’après le discours officiel d’Alain Juppé, par l’entêtement de François Fillon — résistant sous couvert de « complot » et d' »assassinat politique ».

 

Fillon : Il était une fois l’Atlantide

« François Fillon n’est plus en mesure de nous mener à la victoire (…)», a également déclaré, dimanche 5 mars, Christian Estrosi, président LR de la région PACA sur le plateau BFM Politique. « Nous lui demandons de se retirer pour ne pas l’humilier (…), nous voulons un retrait digne de François Fillon (…)». La coalition LR ne cautionne plus le maintien de sa candidature ni cette manifestation jugée séparative des convictions communes et du message transmis par l’ensemble des voix d’un grand parti. Un comité politique extraordinaire a été organisé, ce soir, au siège du parti LR à Paris, symbole d’une ultime tentative de redressement d’un navire à la dérive en eaux troubles, à la suite d’une disparition de sa flotte, désormais immergée en eaux profondes….

« Au deuxième tour, Emmanuel Macron battrait Marine Le Pen avec 60% des voix. Si un second tour opposait la présidente du Front National à François Fillon, ce dernier l’emporterait avec 56% des voix contre 44% », selon un sondage OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique. Ainsi, le comité politique LR a renouvelé, en fin de journée, lundi 6 mars, son soutien au candidat Fillon.

 

Marion Calviera © PAM 2017

 

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