Pierre Gattaz: « rétablir un climat de confiance »

Pierre Gattaz, industriel français, président du Medef, invite aujourd’hui le gouvernement socialiste et les députés des différentes familles politiques françaises à la pratique d’une stratégie économique «incitative», participative et «motivante».

 

Pierre Gattaz, président du MEDEF. Source photo : lejdd.fr

Le président du MEDEF, Pierre Gattaz aka «le bulldozer», ou le patron des patrons, n’a pas la réputation de mâcher ses mots. Droit au but, la méthode Gattaz est directe, inclassable, pour une « sortie des rangs » sans détour ni concession. Source photo: lejdd.fr

 

Dans une interview accordée au Supplément de Canal + le 31 mai, le chef de file et porte-parole du patronat français a confirmé son intention de rétablir un climat de confiance entre l’État, les employés, les syndicats et le patronat, dans un environnement de compétitivité ou l’image et la perception du patron et celle de l’entreprise, de ses valeurs, pourraient enfin être «réabilitées».

 

Pierre Gattaz s’est par ailleurs positionné en faveur d’une nouvelle éthique du travail et des affaires en contrepartie d’un effort à fournir de la part de l’État, un pas de plus vers la mondialisation, côté gouvernement socialiste et syndicats. «La France doit ouvrir les portes et les fenêtres à la mondialisation», a-t-il déclaré sur le plateau du Supplément. Le compte pénibilité? Un dispositif pour l’heure «inapplicable», selon le président du Medef. «Nous sommes gouvernés par des politiques qui ne connaissent pas l’entreprise. Les députés et les responsables doivent apprendre à nous faire confiance», a estimé Pierre Gattaz. Ce dernier a appelé le gouvernement à changer son fusil d’épaule pour mettre un terme aux lois «anxiogènes» qui formatent la Nation et pour  laisser «respirer» les PME, les TPE, en vue de «retrouver un nouveau souffle».

 

«Une entreprise, c’est fragile, ça peut mourir (…) mais l’économie française aussi peut mourir.»

 

Opposé au principe de parachute doré, le président du MEDEF s’est positionné contre une prime de départ lorsque les résultats sont absents. «Je pense que ce n’est pas normal. Des rémunérations sont liées à une réussite, à des responsabilités, à une prise de risque, à des résultats. Lorsqu’il n’y a pas de résultats, il ne devrait pas y avoir de bonus, bien évidemment». Concernant le Pacte de Responsabilité en cours d’application sous l’impulsion du président Hollande, entre 2013 et 2014, Pierre Gattaz a toutefois assuré que les baisses de charges amorcées par l’État ne sont pas encore suffisantes pour faire redémarrer l’emploi.

 

«Je suis pour l’éthique et j’essaie de prouver la cohérence de ce que j’entreprends»

 

Dans une interview accordée à Metro au début du mois de mars, l’industriel se «justifiait» déjà quant aux chiffres «records» du chômage dont le taux a décollé à 10.5%, au premier semestre 2015. «Nous sommes capables de créer ces emplois si l’on lève les freins à l’embauche, si l’on regarde les choses avec courage». En d’autres termes, le président du Medef continue de réclamer au gouvernement «des baisses de charges de même que des simplifications des règles dans les entreprises». Objectif, obtenir l’effort (attendu) du patronat afin de s’unir, «ensemble», dans la lutte à l’inversion de la courbe du chômage et parvenir ainsi à tenir la promesse établie entre Pierre Gattaz et François Hollande de générer un million d’emplois sur cinq ans, dans un esprit de collaboration sans détour.

 

Marion Calviera

© PAM 2015

 

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