Les 10 photos de la semaine : Pink Congo par Richard Mosse

Cap sur les conflits de la République Démocratique du Congo et ses milices armées grâce au regard chromatiquement déphasé du photojournaliste Richard Mosse.

 

Congo © Richard Mosse

« Un déphasage chromatique pour exprimer la rupture entre ce peuple et sa terre, occupée et pillée par des forces étrangères. » © Richard Mosse

 

4,5 millions de morts, victimes de la guerre, de la famine, de la maladie, ou encore de contamination par le fer, selon les chiffres publiés par l’International Rescue Committee. L’organisme humanitaire recense par ailleurs plus de 184.000 viols, entre 1998 et 2007.

 

Près de deux décennies d’affrontements entre plus de quarante groupes armés ont ravagé la RDC dont la taille — 2,345 millions km² — est semblable à celle de l’Union Européenne. D’après les observations de Richard Mosse, la participation de l’Ouganda, du Burundi, du Rwanda et la dimension ethnique des affrontements entre hutu et tutsi complexifie la situation aussi bien que les enjeux du conflit, dans sa compréhension globale. «L’idée de couvrir une histoire révèle la tâche d’un photojournaliste. Le journalisme est extrêmement important quand il s’agit de représenter un conflit. Mais ce n’est pas la seule stratégie disponible. Il y a un éventail de formes d’art au-delà du photojournalisme. Comme ils ne sont pas aussi concrètement instrumentaux que le journalisme, ils nous donnent beaucoup plus d’espace pour respirer. C’est très important parce que le monde est un lieu complexe», explique-t-il.

 

 

Dans son documentaire The Enclave (2013), entre guerres tribales et trêves furtives, Richard Mosse capture des instants paradoxaux d’une intense acidité et d’une immense poésie aux couleurs dignes d’un film d’anticipation. Sa technique ? L’exploitation d’une pellicule vintage Kodak film nommée Aerochrome, autorisant un effet technologique infrarouges.

Il est important d’évoquer le génocide Tutsis, entre avril et juillet 1994, au Rwanda. Un carnage responsable du massacre de 800000 personnes — en trois mois—, d’après les estimations de l’ONU. Il fut commis durant une guerre civile qui opposait le gouvernement rwandais, constitué de Hutus, au Front patriotique rwandais. Avant d’être le centre de cette violence foudroyante, il faut savoir que Kigali, la capitale du Rwanda, le centre économique et administratif du pays dont la population avoisine un million d’habitants, était autrefois considérée comme «capitale mondiale du Sida». Mais Kigali devient une ville «exemplaire». En 2008, L’ONU Habitat lui attribuait le titre de «meilleure capitale africaine». D’après l’institution mondiale, cette ville permet désormais de «rêver, à travers le continent, d’une «autre Afrique»; «fonctionnelle et ordonnée». Kigali s’impose maintenant comme un «modèle de développement», d’après les observateurs internationaux.

Rappelons cette réflexion issue de  la longue expérience et des confessions de notre confrère, Benjamin Bibas, invité People Act Magazine, en 2014: «Les Congolais évoluent entre la vie et la survie. Pep’s, entraide, souci d’autrui, atmosphère, ambiance, musique… malgré des difficultés quotidiennes hors du commun. Kinshasa, c’est la vie qui s’affirme malgré tout.»

 

Marion Calviera © PAM 2016

 

 

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Richard Mosse’s ‘The Enclave’ – The Democratic Republic Of Congo In Infrared Tones (2013)

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