Paris : La Louve, premier supermarché coopératif en France

Depuis 2010, les américains Tom Boothe et Brian Horihan, complices de grandes bouffes, amoureux de Paris, rêvaient d’un espace marchand alimentaire équitable, compétitif et paritaire: La Louve, un supermarché coopératif dédié à l’alimentaire organique,  installé au nord de la capitale.

 

 

La Louve se définit comme un supermarché coopératif, autrement dit, un espace de rassemblement citoyen comprenant des producteurs et des membres-financeurs dans le cadre d’une amélioration de la qualité des produits alimentaires organiques, aux prix les plus bas du marché. Le projet La Louve s’inspire d’un modèle urbain Outre-Atlantique, la coopérative Park Slope Food Coop à New-York, également partenaire du nouvel espace parisien. Park Slope Food Coop est connu pour être le plus grand supermarché coopératif et participatif des États-Unis depuis 40 ans, avec plus de 16 000 membres-financeurs à son actif.

 

Rassemblés en groupement d’achats avec différents partenaires, l’équipe quitte Bagnolet en 2013 pour implanter le supermarché dans un local de 60m2, rue de la Goutte d’Or, dans le 18ème arrondissement de Paris. Une campagne de fundraising est alors lancée sur KissKissBankBank, une plateforme de financement interactive de projets destinée aux créateurs et aux inventeurs humanistes « les plus audacieux ». Le projet rencontre un vif succès. Très vite, La Louve s’impose un lieu incontournable et prolifique du commerce, des échanges, dédiés aux produits alimentaires biologiques régionaux de haute qualité à des prix très attractifs.

 

Photo © Sakir Gökçebag (Turquie)

Photo © Sakir Gökçebag (Turquie)

 

Pas d’actionnaire ni course au profit

 

« La Louve est un organisme à but non lucratif qui recherche la transparence dans tous ses actes d’achat, de vente, de gestion et d’administration. »

 

Une participation de 100 euros permet d’effectuer ses achats alimentaires à des prix inférieurs au marché de la grande distribution traditionnelle. Pas d’actionnaire ni course au profit. Ici, il n’y a pas de « clients » seulement des « candidats ». Pour cent euros, un membre achète son droit d’accès et devient une partie intégrante de cette organisation paritaire, conférant à chaque « coopérateur » les mêmes « droits » et « pouvoirs », selon un principe de production, de consommation, et d’échange, en matière d’agriculture biologique, de commerce régional ou de commerce équitable. Il est également question d’un partage d’idéaux communs: « nous voulons que les personnes qui cultivent et transforment les aliments soient rémunérés correctement et travaillent dans des conditions dignes (…) ».

 

Investir 100 € correspond à l’achat de 10 parts de la coopérative. Les bénéficiaires des minimas sociaux peuvent n’acheter qu’une part soit un investissement de 10 €. Les investissements sont remboursables à la fin de sa participation.

 

« Travailler ensemble ? Une nécessité… »

 

Un second engagement – déterminant – est demandé aux membres-coopérateurs, donner de son temps à la collectivité. S’engager trois heures consécutives par mois, histoire de contribuer aux tâches et corvées relatives à la gestion et à l’entretien du local: nettoyage, coordination, vente, comptabilité, contrôle des stocks, des rayons… Aujourd’hui, ce modèle d’auto-gestion affiche une croissance exponentielle. Les membres s’activent bénévolement en 14 groupes de travail, « pour avancer sur les différents chantiers« . Et pour cause, le principe du bénévolat engendre une réduction des charges salariales au nombre de trois ou quatre salariés à temps-plein, une marge basse, en faveur de la baisse des prix pour atteindre des tarifs jugés « imbattables » sur le marché des produits organiques français.

 

 

Viande biologique, miel producteur du Berry, farine de blé ancien et de sarrasin, huile d’olive italienne monovégétale, vins achetés en direct auprès de vignerons partenaires, épicerie, produits d’entretiens, fruits et légumes des producteurs régionaux, plus de 700 adhérents ont décidé d’intégrer le projet, sans aucune campagne de communication, avec « un point d’équilibre qui devrait se trouver autour de 2000 ou 2200 membres », explique Tom Booth. Les membres du supermarché coopératif ont lancé un appel de fonds pour assurer la poursuite des opérations, depuis le 3 décembre dernier. Objectif ? Constituer 150 000 euros de fonds propres  via un appel aux dons et une recrudescence de souscriptions. Après avoir obtenu le soutien de la mairie du 18ème arrondissement et celui de la Ville de Paris, le supermarché devrait affronter ce nouveau challenge sans trop d’inquiétude car « le groupement d’achats fonctionne à plein régime », d’après ses créateurs. Les villes de Toulouse, Montpellier, Marseille, Rennes, Bordeaux et Nancy, des villes européennes voisines telles que Bruxelles, ou plus éloignées, Oslo, ont manifesté leur soutien de même qu’un vif intérêt à poursuivre l’expansion de la French Coop.

 

Marion Calviera 

© PAM 2014

 

 

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