Money Planet #20: «Le système global est une pieuvre»

«Le système global actuel est une pieuvre, il génère de grandes inégalités», confiait cette année au magazine Alain de Luzan, ingénieur systèmes – géobiologue – expert, fondateur du groupe Géobios, dont fait partie l’École Française de Géobiologie (E.F.G.), leader des organismes de formation à la géobiologie en France, auteur de l’ouvrage Votre santé en lieu sûr — cautionné par Hans Wilhelmsson, physicien nucléaire, jury des prix Nobel de physique. Par Marion Calviera

 

©LeeJeffries

L’année 2015 a été marquée par la signature historique de l’Accord de Paris et par l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030. « Deux jalons importants ouvrant la voie vers un avenir plus durable », l’enjeu en 2016 fut selon le rapport annuel de la FAO, de passer des engagements aux actes. Photo: «Lost Angels» ou «Les anges déchus», un photoreportage de rue réalisé par Lee Jeffries (Manchester) à travers le monde. De bouleversantes inégalités suggérées dans le cadre d’une série de portraits au contact des sans-abri. (DR)

 

Étant donné la tournure hautement tourmentée des faits de l’actualité, climat et tensions «surréalistes», je souhaitais vivement recueillir l’avis d’Alain de Luzan en tant que bioénergéticien, titulaire d’un diplôme de médecine chinoise reconnu par l’Université de Beijing (Pékin), autour de La folie de l’Homme et celle du Monde…

 

Il existe dans ce monde des nœuds invisibles, bioénergétiques, naturellement chaotiques (terrestres, infra-terrestres, intra-terrestres) mais également des nœuds d’origine matérielle, physique, des nœuds humains. Autrement dit, construits de toutes pièces par une pensée et des actions obscures — avec dommages collatéraux pour conséquence sur la civilisation. Alors comment traduire géopolitiquement, économiquement ou socialement ce phénomène? «Nous sommes effectivement affectés par les évènements internationaux, pas forcément à l’instant où se déroulent les faits». Le chômage provoque de surcroit une importante source de stress importante chez l’individu, précise-t-il. «Nous sommes tous informés des difficultés économiques et sociales de la période, nous constatons les sans-abri de nos propres yeux, nous connaissons de nombreux chiffres, l’immigration massive prend malheureusement une forme proche de l’invasion, les trafics d’armes, de stupéfiants et d’humains, s’intensifient. On sait que des groupes peu scrupuleux influencent des milliers de personnes désemparées pour leur faire traverser la Méditerranée et trouver la mort au bout du compte» — à prix coûteux.

 

 

Le risque zéro n’existe pas

Ces éléments, d’après l’expert, génèrent La peur du Monde; une menace est diffuse qui survient d’un peu partout «mais on ne parvient pas totalement à la formuler, ni à l’identifier». Alain de Luzan estime que nous prenons conscience que «le danger est partout». Le climat de peur et l’inquiétude généralisée indiquent une somme de tensions universelles. Il existe bien une véritable dynamique autour de La folie de l’Homme et celle du Monde. Les inégalités dans le Monde sont sous-tendues par des accords secrets comme le TAFTA. — Le 14 juin 2013, le Conseil de l’Union Européenne (chefs d’Etat et de gouvernement) a donné mandat à la Commission Européenne d’ouvrir des négociations avec les États-Unis en vue d’aboutir à un accord transatlantique pour créer le plus vaste marché du monde. Plusieurs dénominations désignent ce projet de «grand marché transatlantique», qu’elles soient anglophones (TAFTA – Trans Atlantic Free Trade agreement; TTIPTransatlantic Trade and Investment Partnership) ou francophones (PTCI – Partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement).

 

« Selon Oxfam, 62 personnes possèdent désormais autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. Elles étaient encore « 388 il y a cinq ans », selon l’ONG britannique, dont la méthode de calcul reste cependant contestée. », indiquait Le Monde en janvier 2016. Photo « Lost Angels » © Lee Jeffries

 

Ces produits industriels qui détruisent

«Le TAFTA conditionne les relations commerciales entre les États-Unis et l’Europe, personne ne connait le contenu des accords, volontairement protégés par un copyright. Il se trame des choses dans notre dos: accords secrets sur les OGM, molécules chimiques présentes dans certains produits industriels qui détruisent des «légions» d’abeilles (entre autres), indispensables à la pollinisation. Et puis, il y a toutes ces lois très floues autour de l’ionisation, en particulier des aliments. Des négociations opaques entourent les contrats du secteur des nanotechnologies, il y a aussi l’affaire Wikileaks, et tant d’autres (…)». La vision globale d’Alain de Luzan? L’organisation mondiale se structure sur la base «d’accords confidentiels entre hauts fonctionnaires des états et quelques banques d’investissements privées internationales». Sans compter sur les spéculations et les nombreux délits d’initiés des acteurs spécifiques du Trading Haute Fréquence (THF) et de la finance mondiale — ces derniers ne vivent pas d’un travail mais de spéculations sur la richesse créée par autrui.

 

 

La réponse en trois lettres: R.O.I. = Return On Investment (retour sur investissement)

Aux États-Unis, le plus fort, c’est le plus riche. Historiquement, la Nation s’est construite dans un contexte où tout le monde voulait s’enrichir: Irlandais, Italiens, hors la loi…; Ainsi, «la réussite en affaires consistait parfois en un passage en force (duels, pistolets, arme blanche…)». Il y a eu la ruée vers l’or, puis la ruée vers l’or noir; au final, le plus riche était le moins scrupuleux. Dans l’esprit d’une Amérique libérale, matérialiste, on se fit au classement annuel des grandes fortunes officiellement publié dans le magazine Forbes, une tradition. «Intelligent, gros bras, mafieux, on ne cherche pas à comprendre. Le classement des milliardaires parle de lui-même», «une référence» en la matière. Si le retour sur investissement se révèle bénin, aucun effort ne sera effectué dans le sens d’une volonté purement humaniste. Ici, il est question d’une générosité rentable. Les efforts financiers réclamés aux grandes fortunes autour des infrastructures que nécessitent certaines urgences prioritaires parmi les pays les plus défavorisés de la planète ne sont malheureusement pas suffisamment «bankable» au quotidien pour éveiller un intérêt, ludique ou permanent. Par exemple, «il existe des moyens pour financer un puits d’eau en Afrique. En réfléchissant du point de vue d’une multinationale, la rentabilité n’est pas suffisamment attrayante. Résultat, rien ne bouge (…)».

 

«La situation générale est véritablement scandaleuse»

«Il faut imaginer un bus avec soixante-deux personnes à son bord, possédant 80% des richesses mondiales. À côté, le taux de chômage avoisine 50% en Afrique du Nord, la famine persiste sur la planète et la situation générale est véritablement scandaleuse (…)». Tout cela s’effectue systématiquement sur le dos des populations. L’argent est virtuel, le montant de la dette est virtuel: «les richesses et la valeur de l’or sont créés de nulle part». Si la banque possède un euro en caisse, elle peut vous en prêter neuf en un clic de souris. Mais vous devrez transpirer pour les rembourser. «Henri Ford déclarait à ce sujet: si le peuple savait comment on le traite, il descendrait dans la rue demain matin».

 

«Soucieuse des inégalités au sein de chaque pays, la banque mondiale a regardé non seulement l’évolution des revenus des plus riches, mais également des 40% les moins lotis. Depuis 2008, ils ont diminué de façon absolue dans 12 pays de l’Union européenne, comme aux États-Unis», indiquait Le Figaro, à l’automne

 

 

Système de retraite par capitalisation? «Une aberration qui dirige le Monde»

«Prenons le système de retraite par capitalisation, une aberration qui dirige le Monde. Tous les mois, les fonds de pension américains paient une retraite à leurs affiliés. Pour se faire, ils doivent parvenir à miser sur des entreprises rentables. Ils naviguent au sein des bourses mondiales en quête de rentabilité et dès qu’elle dépasse 10%, ils achètent. Les ténors de l’industrie pharmaceutique, par exemple, regroupés sous le vocable Big Pharma, affichent une rentabilité à 23% de marge nette. Big Pharma incarne des montants colossaux (…)». Une entreprise manufacturière ne survit pas sans générer une marge supérieure ou égale à 3%; le cas échéant, elle se retrouve privée d’investissements. L’industrie du pétrole et produits dérivés s’impose à 7%. Quant à l’industrie du luxe, elle doit s’engager à 12%. La totalité des fonds de pension se ruent sur Big Pharma étant donné son fort niveau de rentabilité.»

 

L’Afrique sub-saharienne, «accuse le niveau de sous-alimentation le plus élevé» de la planète avec 21 % soit une personne sur cinq environ touchée par le fléau, souligne la FAO. «Un fait, 663 millions de personnes sur cette planète manquent d’eau. C’est une réalité, une urgence, ils ont besoin d’aide.», déclarait par ailleurs Minthé, chaman, femme-médecine en faveur de l’association internationale à but non lucratif Charity Water dans une interview exclusive People Act Mag réalisée en décembre 2016.

 

 

Des systèmes de santé cadenassés

«Parallèlement, poursuit Alain de Luzan, Big Pharma cadenasse tous les systèmes de santé — y compris le nôtre—, en vivant de nos cotisations (…). Nous payons principalement avec l’URSSAF, accessoirement avec les Assedics, pour acheter leurs médicaments et dégager leur marge. Les cotisations URSSAF — démentielles — servent en bonne partie à payer les fonds de retraite américains (…)». En d’autres termes, si votre activité est rentable mais pas assez, si vous descendez sous la barre des 15%, on vous oblige à fermer pour délocaliser votre entreprise — uniquement dans le cadre d’un licenciement boursier. «Nous continueront de payer les retraites des américains avec le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi)», assure-t-il.

 

 

L’Europe otage des États-Unis

L’Europe est l’otage des États-Unis, les accords TAFTA vont dans le même sens pour ne pas déranger l’élite mondiale dans ses activités, prolifiques et hermétiques», s’insurge Alain de Luzan. Il est d’ailleurs mentionné dans ces accords que si jamais un état européen fait barrage à la tentative de vente d’une multinationale, «Monsanto, par exemple, la multinationale est en droit d’attaquer l’état en question pour réclamer des dommages et intérêts (…)». En revanche, «la réciprocité est inexistante», l’État ne peut attaquer une multinationale dans le cadre d’une affaire similaire. À noter toutefois, malgré les troubles sociaux et économiques expérimentés via la crise de la dette souveraine depuis l’année 2008, qu’une analyse du magazine Contrepoints identifie la politique commerciale commune européenne à l’une des plus intégrées au monde.

 

Propos recueillis par Marion Calviera © PAM 2013-2017

 

Sur le même thème:

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Crédits:

Extrait de l’enquête «À la folie: Enquête sur les phénomènes hallucinatoires de la réalité ordinaire; La folie de l’Homme et celle du Monde…» (Volume 1). Propos recueillis par Marion Calviera © PAM 201-2017. Toute reproduction interdite.

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