Max Papeschi: L’intelligence politiquement incorrecte

Rencontre avec Max Papeschi (Milan), auteur, réalisateur et artiste graphique engagé, la quarantaine flamboyante, le temps d’une interview dynamite. Voyage cynique au cœur d’«un cauchemar collectif» dans l’air du temps. Destination «Planète Papeschi», âmes sensibles s’abstenir. Par Marion Calviera

 

Punch liner n°1

 

Un saut vers l’inconnu

Après avoir travaillé en tant qu’auteur et réalisateur dans les secteurs du théâtre, de la TV, ou encore du cinéma, Max Papeschi s’attaque à l’art numérique. Architecte visuel, artiste iconoclaste à l’esprit coloré, son succès — installé pour durer — est immédiat. Pourtant, tout a commencé sur un échec plutôt déstabilisant, après dix années passées dans le show business en tant qu’acteur, réalisateur audiovisuel, puis directeur cinématographique. La société de production à laquelle ce dernier fait appel dans le cadre du financement de son premier long métrage refuse de distribuer son film après le tournage. Motifs? «Incompatibilité artistique, divergences d’opinions (…)».

Déception, crise personnelle sévère, chômage, introspection, c’est alors que Max Papeschi décide de remettre le pied à l’étrier en écrivant une comédie théâtrale; «généralement une pièce de théâtre est moins coûteuse qu’un film ce qui limite les risques de production à affronter», explique-t-il. Période d’avènement des réseaux sociaux, Max Papeschi apprend à manipuler Photoshop en vue de présenter le teaser et les affiches commerciales de son nouveau projet comique sur MySpace. Voilà qu’une galerie d’art contemporain est interpellée par ses premières créations digitales, et lui propose spontanément d’organiser une exposition solo: «Je manquais d’argent, j’étais dans le besoin, j’ai eu deux mois pour produire une vingtaine de pièces concernant cette première commande; j’ai été chanceux (…)». Nous sommes en 2008, la machine est lancée…

 

 

«Je ris jaune»

Le regard acerbe sur l’actualité de Max Papeschi s’avère instinctivement adulé tant par le public que par la critique étrangère. Résultat, son travail est réclamé sur la place internationale du marché de l’art. Non-conformiste mais ironiquement réaliste, l’artiste met en scène, avec un certain recul, les tourments engendrés par notre société globalisée, moralement abusive, abondamment consommatrice, en dénonçant de ce fait les terribles aberrations (pour le moins paradoxales) de la planète. Du NaziFuckingMouse au Ronald The Butcher Boy, les icônes cultes perdent ici une certaine «neutralité médiatique tranquillisante», histoire de dénoncer avec humour — donc intelligence — l’angoisse des âmes; tendance désormais palpable, à impact médiatiquement mesurable. «Pour apprécier mon travail, il faut découvrir l’ensemble de mon univers, le fil conducteur qui m’anime. C’est important pour comprendre le sens de mon message et le développement de ma démarche (…)», confie l’artiste.

Inspiré par l’écrivain, essayiste, cinéaste, poète et révolutionnaire français, Guy Debord (1931-1994), notamment par l’essai La Société du spectacle, publié initialement en 1967 chez Buchet/Chastel, la lecture (partie intégrante de sa personnalité), les nombreux voyages à travers le monde, la découverte de l’autre, alimentent ses créations. De cette rencontre avec les différences est née chez Max Papeschi une profonde réflexion philosophique. De même que la volonté de dépasser les limites des systèmes de valeurs, afin de déployer pleinement les ailes de son expression artistique unique. «Je ris jaune, donc, au début de ma carrière artistique, vers 2010, j’ai dû affronter quelques problèmes. Certaines institutions et associations religieuses me comparaient à un skinhead en découvrant la série autour du NaziFuckingMouse, mais ils ne connaissaient pas encore mon travail dans son ensemble. Aux États-Unis, d’autres pensaient que je prêchais l’antiaméricanisme; ils me prenaient pour un communiste (rires)! Cela partait d’une incompréhension. Aujourd’hui, tout a changé…»

 

Mad World

Trumpery n.; \’trem-p(e-)re\ noun, plural trumperies.

[Fr. tromperie, to deceive (decevoir), cheat (tromper-infidélité).]

Nouveau «poison populaire»; action de trumper, c’est à dire «induire volontairement quelqu’un en erreur; artifice visant à tromper. Le terme désigne également le fait d’être infidèle à une personne en amour (…)».

 

Crédits vidéo : Gérald Casale | «It’s all DEVO» | Max Papeschi & Maurizio Temporin

 

Optimiste et permissif

Dialogue

 

Marion Calviera: Si je vous dis «Mad World» La Folie du Monde — que me répondez-vous?

Max Papeschi: Nous y vivons, nous y sommes. C’est la définition même de notre histoire, le monde contemporain est «fou». Tellement «fou» que le concept en devient presque irréel, un peu comme une histoire…

M.C.: Si je vous dis «Politique»?

M.P.: Tout et Rien est «politique». Quand je me réfère au sens du mot «politique», je pense au monde dans lequel nous vivons. Un signal que tout est  «politique». Le prix des choses, le coût de la vie, la nourriture, le logement, par exemple, sont  «politique». À mon sens, «économie» et «politique» regardent dans la même direction. Deux principes liés vers un même sujet, une intention commune.

M.C.: Si je vous dis «Démocratie»?

M.P.: «Démocratie»…! C’est un principe déjà très difficile à expliquer dans ma langue natale, l’Italien…. (rires)! En Anglais, cela va être encore plus compliqué…! Bien sûr, quelque part dans cette vie, c’est la meilleure possibilité dont nous disposons. Mais la démocratie marche avec la nature humaine, peu élégante en général. C’est un fondement très difficile à atteindre. Même dans un environnement qui n’incarne pas une dictature, c’est une essence ardue à entretenir, car chaque individu possède son lot d’égoïsme. De plus, tout le monde ne possède pas le minimum de culture nécessaire à l’entretien du jeu démocratique. D’après moi, on aspire à la démocratie, c’est une source d’inspiration. Mais instaurer la démocratie à travers le monde symbolise un challenge laborieux. Je pense que nous ne sommes pas encore parvenus à accéder au cœur de la vraie loi démocratique. Nous devons travailler dur dans ce sens. Pour l’heure, ça ne fonctionne pas. Nulle part…

 

Photo © Max Papeschi

Max Papeschi: «Nous vivons une période fantastique de notre histoire, car nous prenons conscience des problèmes majeurs et des défis qui entourent le monde, pour parvenir à instaurer une véritable démocratie. Aux États-Unis, par exemple, le principe démocratique a complètement échoué.» | Photo: « Product Placement » © Max Papeschi

 

 

M.C.: Si je vous dis «Dieu»?

M.P.: Je ne suis pas croyant, je ne crois pas en «Dieu», selon le format religieux imposé. La formule «Dieu» («The God formula») est un concept vendeur pour les institutions. Lorsque j’évoque la religion, j’en parle au sens politique du terme. Bien entendu, l’humanité cherche un sens à son existence. «Dieu» est un moyen de se rassurer sur le chemin épineux de la vie. «Dieu» est une explication dont les gens ont besoin pour avancer et parfois comprendre ce qui reste sans réponse. «Dieu» est une sorte de marché, selon mon interprétation. Il existe une audience pour «Dieu», cette audience veut quelque chose, l’Église vend ce que l’audience réclame. Lorsque je pense au mot religion, mon esprit visualise une immense organisation marketing, l’Église, prête à faire le nécessaire pour satisfaire les besoins de ses nombreux clients. C’est une entreprise prolifique en termes d’argent et de pouvoir. Mais, à cela — au même titre que pour l’instauration d’une véritable démocratie —, je ne possède pas la solution. Parce que c’est un problème difficile à gérer. Vivre sur cette planète est une épreuve, comprendre le sens de la vie est une épreuve, suivre sa destinée est une épreuve. Il arrive parfois de mourir sans trouver aucune réponse aux grandes questions existentielles qui nous tourmentent. «Dieu» est l’explication qui convient pour simplifier les assauts de l’angoisse profonde, dont nous sommes tous victimes.

M.C.: Vous considérez-vous néanmoins comme un être spirituel?

M.P.: Oui, on peut dire cela. Disons que je m’envisage plus comme un esprit philosophe. Évidemment, je cherche à comprendre le sens de la vie. Et oui, je suis parfois effrayé par mon âge, 47 ans. J’ai conscience du temps qui passe et du temps probable qu’il me reste à vivre. Je pense quelque part que chaque être humain est un être spirituel. Pourquoi suis-je donc ici? Qui ne s’est jamais posé cette question? La vie est si étrange. Se réveiller le matin… penser… faire des choses…  des rencontres… aimer des gens… voir un film… lire… en sachant notre temps limité. Je pense que le sens de la vie est une interrogation commune. C’est une question fondamentale. La question numéro un. J’imagine que l’Homo sapiens a dû s’interroger à sa façon. Peut-être même que l’Homme de Néandertal a aussi réfléchi à cela… (sourire). Nous ne connaissons pas la réponse. Je ne vais pas jouer au nouveau prophète et je ne possède pas la solution à ce genre de désagrément (rires). Je ne fais que sonder ma réflexion…

M.C.: Parlez-moi de votre vision de la sphère financière

M.P.: Comme je l’évoquais plus tôt dans notre dialogue, «économie» et «politique» regardent dans la même direction. L’argent et la politique, main dans la main, induisent la notion de «pouvoir». Mon travail artistique n’évoque pas spécialement l’argent ou la politique, plutôt le pouvoir que ces deux outils procurent. Le pouvoir est source de fascination. Certaines personnes sont en quête de pouvoir afin d’atteindre une liberté personnelle, parfois salvatrice et bienfaitrice, en contribuant au bien-être de l’entourage. Mais il existe un autre type de profil humain plus obscur — représentant 10% à 20% de la population globale —, avide de domination. Cette forme de pouvoir n’est pas motivée par l’amélioration du standard de vie, le problème va au-delà de la sécurité psychologique et matérielle. Ce petit groupe plus ambigu, composé de prédateurs souvent impulsifs, est instinctivement assoiffé par un désir de suprématie dans le but de s’en servir contre l’humanité. Ces personnes sont animées par un intense besoin de contrôle sur autrui. Elles agissent sous couvert de liberté, prétendant faire le bien au nom du plus grand nombre, mais restent motivées par un appétit féroce de possession (au détriment de la vie). Et ce groupe-là, je ne le comprends pas. Un grand point d’interrogation…

 

 

Max Papeschi: « Socialement, en termes de situation globale (économie, politique, écologie), je pense que nous pouvons encore changer la donne. » | Photo: « Welcome To North Korea » © Max Papeschi

 

M.P.: Ainsi, l’argent est le meilleur moyen d’utiliser le pouvoir. Lorsque vous êtes très riche, les gens ont besoin de votre argent, donc vous détenez le pouvoir. Alors, vous pouvez décider, contrôler, la direction que prendra la société. Moins de 1% de la population globale détient le contrôle sur la totalité de l’argent qui circule sur la planète. Résultat, l’exercice du pouvoir est écrasant. Il faut impérativement changer cette réalité, nous devons inverser la vapeur. Comment? Je ne sais pas, mais nous devons trouver une solution rapidement. Le cas échéant, la société restera un terrain de jeu hasardeux, les problèmes liés à la démocratie perdureront parce que la liberté sera toujours menacée par une sorte de super-élite minoritaire, excessivement toxique pour l’évolution de la conscience humaine. Ce petit groupe décide de tout, pour tout le monde. Le risque persiste, c’est un danger permanent.

M.C.: Que penser du phénomène de «Société»?

M.P.: Selon moi, «Société» incarne un mot étrange, né en Afrique avec l’apparition des premiers singes. Avant l’évolution de toute forme humaine. Un système arrivé peut-être avant l’apparition de notre forme animale. Le principe complexe lié à la «société» se réfère toujours au même problème, provoqué par un immense besoin de «pouvoir» du genre humain; un insatiable désir de «contrôler» l’espace. Nous nous battons encore comme des singes pour prendre le contrôle d’un groupe, d’un territoire, de la nourriture, de l’argent, des idées. Nous nous battons pour tout et n’importe quoi alors que nous disposons d’une conscience évolutive. Bien entendu, aujourd’hui, les conditions de vie dans la société contemporaine sont meilleures que dans le passé. Cependant, même si la société amorce tous les 20 ou 30 ans une direction positive, nous avançons encore dans le cadre d’une organisation instable, très compliquée. J’essaie de rester optimiste en ce qui concerne notre futur ou celui des prochaines générations.

M.C.: L’«Humanité» est-elle dotée d’une âme?

M.P.: Je pense que notre devoir commun est de garder l’humanité saine et sauve. Selon moi, 90% de la population est dotée d’une âme, d’humanité, c’est la raison pour laquelle je suis optimiste. L’accession au pouvoir incite à moins d’empathie, moins d’altruisme. Les personnes avides de pouvoir se concentrent sur le combat à mener pour acquérir toujours plus de contrôle et sur le moyen le plus sûr de protéger leurs richesses. J’ai tendance à faire confiance à la conscience globale, soit à 90% des individus qui vivent sur la même planète. Pas à pas, étape après étape, avec l’expérience issue de notre histoire et un soupçon de volonté, on peut aller très loin. Nous possédons les moyens de construire un monde meilleur.

M.C.: Si je vous dis «USA»?

M.P.: (Silence) Que dire…? Il y a un an, à peu près, je percevais encore les États-Unis comme une partie intégrante de notre culture, celle du monde occidental. Mais depuis l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017, j’ai le sentiment que la Nation s’est renfermée sur elle-même. Un peu comme si le pays vivait dorénavant dans une cage dorée. L’Amérique se coupe du monde en construisant un mur, au motif de protéger sa puissance financière et l’ensemble de ses ressources. Côté outre-Atlantique, actuellement, ce retour en force du protectionnisme me paraît inquiétant à l’échelle mondiale. Pour un étranger, il devient de plus en plus difficile de rentrer sur le territoire américain. Les États-Unis représentent maintenant une menace en ce qui concerne le bien-être de la société, en général. Le chemin emprunté comporte également un risque pour l’équilibre écologique, la préservation de l’environnement global. On dirait que Donald Trump essaie de calquer sa présidence sur le modèle politique chinois que l’on peut qualifier de dictature capitaliste. Et un pays qui se dirige vers le choix d’une dictature, ce n’est jamais bon signe, c’est un danger. L’Histoire peut en témoigner.

M.C.: Si je vous dis «Italie»?

M.P.: Je me considère comme un européen, mais j’aime ma patrie natale. L’Italie est un pays étrange. Nous sommes un peuple étrange. Il existe une séparation entre le peuple et la politique. La pratique du pouvoir en matière de politique italienne est un désastre. Personnellement, je préfère le système politico-économique incarné par l’Union européenne même si je redoute un peu l’avènement du Brexit. Suite à cela, j’espère que nous pourrons trouver un juste équilibre, une balance.

 

Crédits vidéo : «Greetings from Italy» | © Max Papeschi

 

M.C.: Si je vous dis «Art»?

M.P.: L’art m’a sauvé d’une vie très difficile. Il reste le meilleur outil pour exprimer pleinement mon potentiel. J’ai bénéficié d’une grande chance. Finalement, sur la voie artistique, j’ai trouvé le moyen de m’exprimer tout en préservant l’indépendance de mon état d’esprit. Contrairement à l’univers cinématographique, l’aspect financier n’est pas décisif dans le domaine de l’art contemporain. Pas besoin de beaucoup d’argent pour la naissance d’un projet donc moins de pression côté production. Ma liberté de penser reste intacte et je dispose maintenant d’un champ de création plus large qu’au cinéma.

M.C.: Si je vous dis «Liberté»?

M.P.: Pour être libre, il faut satisfaire des besoins primaires (physiologiques) — primordiaux — et atteindre une certaine aisance économique. Résultat, une partie de la planète n’est pas libre. Je suis chanceux par le simple fait d’appartenir au continent européen, ici et maintenant, car je suis né à Milan. Je dispose d’un certain confort psychologique et matériel qui me permet d’envisager le schéma de la liberté sous un angle appréciable. Pour moi, le casse-tête autour du concept de liberté réside dans le fait de trouver ma voie pour m’exprimer et pousser mon art à ses limites. Ce n’est pas le cas d’un individu né dans un pays défavorisé, à l’autre bout de la Terre. Malgré mes facilités, je pense que le capitalisme sous sa forme actuelle n’est pas le chemin qui mène à la liberté, individuelle ou collective.

M.C.: À propos du «Bonheur»?

M.P.: La plus complexe des questions à laquelle répondre. Le bonheur, selon moi, incarne une perception intérieure différente pour chacun. Je pense que le bonheur ne coule pas de source. Nous ne sommes pas forcément programmés pour apprécier pleinement la valeur de ce principe. Le bonheur va-et-vient dans la vie d’un individu. Nous recherchons toujours quelque chose en plus. Une fois nos désirs acquis, nous voulons autre chose, et puis encore autre chose. Nous ne sommes jamais pleinement satisfaits par nos réalisations ou nos possessions. Difficile de définir l’Homme heureux. Encore une fois, nous voulons toujours plus. C’est pour cette raison que la course du monde fonce à toute allure. À cause du manque de complétude. Mais, quelque part, paradoxalement, ce sentiment d’insatisfaction et nos questionnements perpétuels contribuent à notre évolution. Donc, à mon sens, le bonheur (au même titre que malheur) correspond à certaines étapes de la vie d’un être humain. Disons que le bonheur est à l’Homme ce que l’essence est à la voiture.

M.C.: Et «Max Papeschi» dans tout ça?

M.P.: (Sourire) Dans tous les cas, je suis un optimiste. il faut rester positif. Je passe ma vie à tenter de découvrir le sens de mon existence, ce dont j’ai besoin. Je sais seulement que l’art est le meilleur chemin pour m’exprimer ou comprendre qui je suis.#

 

 

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Interview réalisée et traduite de l’anglais par Marion Calviera, Rédactrice en Chef.
Tous droits réservés © People Act Magazine 2018/Max Papeschi & Marion Calviera

 

 

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