Marathon Nice-Cannes 2016: Hommage aux victimes des attentats

Menacé, dimanche 13 novembre, le 9e marathon Nice-Cannes s’est bien déroulé comme prévu. Départ singulier du stade multifonctions Allianz Riviera dans le quartier Saint-Isidore, à Nice, étant donné la sanctuarisation de la promenade des Anglais, après l’attentat du 14 juillet.

 

People Act Magazine a également chaussé ses baskets pour suivre Johan Rouquet, un jeune journaliste-marathonien dont l’objectif était de rendre hommage à toutes les victimes des attentats.

 

 

Seize semaines centrées sur une préparation intensive pour Johan, 21 ans, étudiant à l’École Du Journalisme de Nice. Quatre footings par semaine, «je me levais tôt pour aller courir et ensuite j’allais en cours», confie-t-il. Seize semaines, où il a mis de côté les fêtes comme tous les jeunes de son âge, pour être le meilleur lors du marathon.

 

Dimanche 13 novembre,  le grand jour…

 «J’ai eu du mal à m’endormir j’appréhendais vraiment le marathon». Debout depuis cinq heures du matin,  Johan a peur. Peur de ne pas finir, peur de se blesser. Il avale son petit déjeuner traditionnel avant de partir sur les traces du marathon. Six heures trente, dans le froid, le jeune étudiant se demande ce qu’il fait là. «J’avais envie de faire demi-tour et me recoucher». À côté de lui des milliers de personnes s’échauffent avant le top départ. Sept heures, les marathoniens se regroupent dans le sas pour le départ, Johan — raide comme un piquet — attend que le temps passe; «le temps est très long, je n’étais vraiment pas bien.»

 

La Marseillaise retentit, suivie d’une minute d’applaudissements, l’émotion est à son comble; «Ça m’a rappelé pourquoi j’étais là…»

 

Pendant la course, le jeune homme sait que ses amis l’attendent, au sixième kilomètre; «j’étais impatient de les voir». Il passe chaque étape sans difficulté jusqu’au 25ième kilomètre, les douleurs se font ressentir. Johan se demande s’il va pouvoir continuer? «Tu t’accroches mentalement mais le corps commence à ne plus trop répondre. Au 30ième, il  y a vraiment un cap psychologique, tu sens la fin qui approche». Johan craque mais il se ressaisit rapidement en apercevant ses parents, au 33ième kilomètre. Les coureurs le félicitent, le poussent, les enfants tendent leurs petites mains pour qu’on leur tape dedans.

 

Johan court pour une cause alors il pense aux victimes…

«Tu es en mission, abandonner serait les trahir ». Il redémarre mais s’arrête tous les deux cent mètres à cause la douleur, sa jambe gauche qui se tétanise. Il ne lâche rien et continu sa course. À 500 mètres de la fin, il aperçoit à nouveau ses amis avec la banderole qu’ils avaient préparé, à l’occasion cet événement. Johan lâche un cri, l’enfer est bientôt terminé. «Toute cette haine des attentats, toute cette souffrance est ressortie!». Ses amis se mettent à courir avec lui. Johan ferme les yeux, il court jusqu’à la ligne d’arrivée; il est à bout, perdu. «Je voulais m’allonger mais tu dois faire la queue pour la médaille, le ravitaillement (…)». La médaille en poche avec une performance de quatre heures et dix-neuf minutes (très bon chronomètre pour une première), il rejoint son père et tombe dans ses bras, en pleurs. Le cauchemar est fini.

 

Mathilde Dandeu © PAM 2016

 

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