L’invité politique : Benoist Apparu

Les rencontres politiques de People Act Magazine

 

Premier chapitre

Crise… vous avez dit crise ?

 

Benoist Apparu, député-maire de Châlons-en-Champagne, ancien ministre du Logement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, indéfectible soutien d’Alain Juppé, nous avait promis un entretien autour de la sortie du livre « Les 12 travaux de l’opposition », paru aux éditions Flammarion. Un ouvrage collectif dont il est l’initiateur et le coordinateur, co-écrit en collaboration avec 11 chefs de l’UMP.

 

B-A-Une

« Les textes ont été envoyés à chacun avant la publication du livre. Il n’y a pas eu de désaccord lourd et massif. » – Benoist Apparu (DR)

 

People Act Magazine propose désormais une rencontre mensuelle avec les experts du paysage politique français. Objectif : cerner les changements prioritaires et les réformes urgentes à entreprendre pour redresser la situation globale de la France dans le cadre d’un programme alternatif – concret et efficace – en vue de l’échéance 2017. « Les 12 travaux de l’opposition » propose 12 thèmes politiques, économiques et sociaux, en 12 chapitres – soit un thème par chapitre et par auteur parmi 12 plumes de l’UMP, sur une idée originale de Benoist Apparu. Pour mieux « démontrer l’aptitude du parti à travailler ensemble » vers la proposition d’une alternative, ex Premiers ministres ou anciens ministres ont choisi un thème à analyser dans un chapitre à défendre, « premiers jalons » d’une réflexion vers un programme en vue de l’échéance 2017.

 

Homme de parole, homme d’honneur

Malgré une mauvaise nouvelle officialisée par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, le 14 octobre, concernant la dissolution du 1er Régiment d’Artillerie de la Marine (1er RAMa) et de la 1re Brigade mécanisée (BM) à Châlons, d’ici l’été 2015, un agenda régional chargé à la veille du 11 novembre, sans compter sur la pression d’un nouveau scandale d’État, l’affaire François Fillon, ancien Premier ministre UMP, face à Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée, Benoist Apparu n’a toutefois pas oublié de tenir sa promesse à notre égard. Côté actualité, l’arrêt programmé des activités militaires dans sa circonscription devrait engendrer la suppression de 960 emplois : « C’est aussi, évidemment, des emplois indirects, du développement économique et une consommation locale que nous n’aurons plus, des enfants en moins dans les classes, etc. Les conséquences économiques de cette décision sont très dures », a-t-il déclaré dans L’hebdo du vendredi.com, le 16 octobre dernier. « Aujourd’hui, la restructuration militaire, demain, la réforme territoriale : Châlons devra-t-elle encore longtemps payer pour tout le monde ? ». 

Côté UMP, pour l’ancien ministre, la création d’un nouveau parti « n’est pas forcément la voie unique pour retrouver une cohésion d’ensemble au sein de l’UMP ». Ce dernier « ne redoute pas » une « éventuelle implosion » du parti. Reconstruire une majorité globale composée du centre, des libéraux, et de l’UMP, peut s’inscrire comme « une démarche pertinente », avant d’évoquer la création d’un nouveau parti – donc une dissolution de l’UMP – préconisée par Nicolas Sarkozy. L’objectif principal de l’opposition consistant en la composition d’une coalition soudée afin d’établir un solide barrage au Front National, dès le premier tour de la présidentielle 2017. « Le FN arrive à positionner ses sujets au centre du débat public et nous oblige, journalistes, experts, universitaires, à se positionner par rapport à eux (…). Nous devons retrouver la maîtrise du débat public (…) ; Depuis cinquante ans, la courbe des intentions de vote du FN est indiciée sur la courbe du chômage, signe d’une faiblesse structurelle de la majorité et d’une co-responsabilité de l’opposition », explique-t-il (régulièrement).

Vit avec son temps

Pour inaugurer le premier chapitre de nos rendez-vous politiques, notre choix ne s’est pas tourné en faveur d’une idéologie ou d’un parti mais plutôt vers une personnalité hybride, « tout terrain ». Nous étions en quête d’un réformateur – traduire courage au masculin – capable de défendre un ensemble de mesures logiques sans déroger à une certaine intégrité collective, et ce, peu importe la météo ou le cours de l’histoire. Qu’il eut été homme de droite ou homme de gauche, nous pensons que Benoist Apparu est parvenu à préserver, au fil de son ascension, une certaine honnêteté intellectuelle reconnue dans sa famille politique aussi bien que par ses adversaires. « C’est un homme direct. Politiquement, il s’est construit seul. Il dit les choses telles qu’elles sont et sait se taire quand il faut  (…) », confiait récemment un proche. 

Ne joue jamais contre son camp

Pour preuve, dans le livre « Ça reste entre nous, hein ? » de Nathalie Schuck & Frédéric Gerschel – dévoilant les confidences de Nicolas Sarkozy depuis son départ de l’Élysée, en 2012 – Benoist Apparu compte parmi les rares membres de l’UMP à avoir été épargné par la déception et l’acidité de l’ancien chef de l’État, au même titre qu’Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, ou François Baroin. Lorsque Benoist Apparu rend visite à Nicolas Sarkozy, au mois de septembre, l’ancien président lui confie : « Je n’ai pas très envie de revenir mais je vais peut-être être obligé de le faire. J’aimerais me construire une autre vie mais peut être que le devoir m’appellera ». Engagé en 1989 comme délégué RPR aux côtés d’Alain Juppé qu’il ne trahira pas, Benoist Apparu compte parmi les premières personnalités politiques françaises à utiliser des automates téléphoniques pour « sensibiliser ses électeurs ». Sa vision de l’Éducation Nationale ? Une fusion du primaire et du collège. Au cours de la législature 2007-2012, il est rapporteur de la loi LRU sur l’autonomie des universités de 2007. L’ancien ministre s’inscrit également comme le deuxième député UMP à se prononcer en faveur du projet loi sur le mariage pour tous, en janvier 2013.

 

Dialogues entre un politique et une journaliste

« Interview qui suis-je ? »

 

« La compétition entre différents visages de l’UMP sur la base de projets, sur la base d’idées, et pas en dessous de la ceinture, cette compétition là est une richesse. » (B.A.)

 

« La compétition entre différents visages de l’UMP sur la base de projets, sur la base d’idées, et pas en dessous de la ceinture, cette compétition là est une richesse. » (Benoist Apparu) - (DR)

« Le livre n’a pas vocation à « être » le programme de l’UMP. Il doit plutôt s’envisager comme un travail effectué sur le fond. Une piste de réflexion (…) » – Benoist Apparu (DR)

 

People Act Magazine : Monsieur Apparu, en tant qu’homme politique, reconnaissez-vous certains traits de votre caractère parmi ces différents adjectifs : direct ?

Benoist Apparu : Oui.

#PAM : Dynamique ?

B.A. : Oui.

#PAM : Intègre ?

B.A. : Oui.

#PAM : Progressiste ?

B.A. : Oui.

#PAM : Réformateur ?

B.A. : Oui.

#PAM : Structuré ?

B.A. : Oui.

#PAM : Organisé ?

B.A. : Moyen… (sourire) >> (traduire : peut mieux faire)

#PAM : Contemporain ?

B.A. : Oui.

#PAM : Entre les délais nécessaires à la coordination du livre, l’écriture et sa publication, le degré d’application des 12 réformes nécessite-t-il, à l’heure actuelle, l’apport de  nuances ou de quelques modifications ?

B.A. : Chacun des 12 auteurs a choisi son thème. Une analyse ou un complément d’information au sujet des 12 propositions ne peut provenir que de son initiateur. Cela relève du domaine personnel, en fonction de la thématique sélectionnée. Pour répondre à cette question, il faudrait s’adresser à chacun des auteurs, en fonction du chapitre dont il s’est chargé. Par ailleurs, les textes ont été envoyés à chacun avant la publication du livre. Il n’y a pas eu de désaccord lourd et massif, simplement quelques réglages.

#PAM : Quelle réforme vous parait la plus urgente à entreprendre  ?

B.A. : Ça ne marche pas comme ça. Il n’y a pas « une » réforme à faire.  La réforme économique et sociale, par exemple, requiert une analyse approfondie autour d’une dizaine de sujets, parallèlement. Chaque action engendre une conséquence vers d’autres secteurs. Il existe des interactions, une interdépendance entre différents domaines à traiter, à solutionner, en même temps que les applications à mettre en oeuvre pour une réforme.   

#PAM : Quelle réforme s’avère la plus sensible à amorcer au niveau social ?

B.A. : L’Éducation Nationale. Du moins, c’est la plus complexe car elle nécessite une multitude de mesures auxquelles l’opinion publique n’est pas toujours préparée. Les salariés sont indépendants. Au sein de l’école, ils bénéficient d’une grande liberté. Dans sa classe, l’enseignant est « Maître ». Il règne une indépendance absolue dans chaque établissement. Le système éducatif est un secteur où les négociations vers des accords collectifs majeurs sont extrêmement difficiles à aboutir car ils regroupent un grand nombre d’acteurs à satisfaire.

#PAM : Cet ouvrage symbolise-t-il les fondations du nouveau programme électoral de l’UMP, à peaufiner en vue de la campagne présidentielle 2017 ?

B.A. : Non, le livre n’a pas vocation à « être » le programme de l’UMP. Il doit plutôt s’envisager comme un travail effectué sur le fond. Une piste de réflexion vers de nouvelles alternatives. La thématique n’est pas complète, notamment en matière d’économie ou de droit du travail. 

#PAM : Nicolas Sarkozy a-t-il lu le livre ? Vous a-t-il fait part de ses impressions ?

B.A. : Je lui ai remis le livre en mains propres la dernière fois que je lui ai rendu visite. En revanche, je ne sais pas s’il l’a lu. Il ne m’a pas fait part de ses impressions.

#PAM : En règle générale, le patronat semble afficher une certaine satisfaction envers la nomination d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, malgré un manque d’expérience ministérielle, parfois reproché. Que penser de ses compétences ?

B.A. : Je pense qu’il est trop tôt pour anticiper un résultat. Il faut le laisser travailler. Vous (journalistes) et nous (politiques) devons corriger un défaut commun : nous devons cesser de polémiquer autour d’éventuels pronostics et devenir suffisamment raisonnables pour laisser un chance individuelle à chacun de faire ses preuves. Emmanuel Macron est une recrue ministérielle liée à une question pratique. Une décision prise dans le bon sens. C’est un bon choix. En l’occurrence, il possède une expérience de l’État très forte.

#PAM : Monsieur Apparu, entre 2015 et 2017, François Hollande peut-il encore redresser la France ?

B.A. : Non, c’est trop tard. Le président de la République avait une marge de manoeuvre au niveau de la compétitivité (1) et du pacte de responsabilité (2) mais il n’a pas su tirer profit de certaines opportunités.

 

Propos recueillis par Marion Calviera

© PAM 2014

 

(1) Le 6 novembre, Benoist Apparu déclarait dans Le Scan politique du Figaro : « Bien que je ne sois pas un adepte de l’opposition systématique et de la critique facile, il m’est difficile de citer aujourd’hui un succès. Je me suis félicité, comme une grande partie de mes collègues, de l’annonce de François Hollande sur le pacte de responsabilité début 2014. Mais qu’en est-il aujourd’hui? D’un côté on baisse les charges des entreprises pour relancer la croissance et de l’autre le gouvernement fait voter des dispositifs tel que le compte pénibilité, obstacle administratif et financier pour elles. Ce genre de mesures peine à créer une dynamique: le président mène une politique de contradiction. »

(2) En employant le mot de « pacte » et non plus « choc » de compétitivité, François Hollande cherche à contourner un débat explosif au sein de la majorité, le coût du travail. Un « choc » à hauteur de 30 à 40 milliards d’euros, suggéré par le Medef et l’opposition, avec pour objectif le transfert massif de cotisations patronales vers un « cocktail » d’impôts.

 

12travaux_alain_juppe

« Les 12 travaux de l’opposition » (235 pages), Ed. Flammarion. Prix France : 15 €

 

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L’agenda politique

Novembre 2014

 

UMP

Calendrier des opérations électorales

 

Mardi 30 septembre 2014 (20 heures) : date limite de réception par la Haute Autorité des déclarations de candidature accompagnées des formulaires de parrainage des candidats.

Mercredi 15 octobre 2014 : publication par la Haute Autorité de la liste des candidats.

Mercredi 29 octobre 2014 : diffusion des professions de foi des candidats auprès des adhérents.

Jeudi 27 novembre 2014 (minuit) : fin de la campagne officielle du premier tour.

Du vendredi 28 novembre 2014 (20 heures) au samedi 29 novembre 2014 (20 heures) : premier tour de l’élection du président de l’Union, vote des adhérents par voie électronique, dépouillement dès la clôture du vote, puis proclamation des résultats par la Haute Autorité après examen des réclamations et annonce des deux candidats restant en lice pour le second tour si aucun n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour.

Jeudi 4 décembre 2014 (minuit) : fin de la campagne officielle du second tour.

Du vendredi 5 décembre 2014 (20 heures) au samedi 6 décembre 2014 (20 heures) : second tour de l’élection du président de l’Union, vote des adhérents par voie électronique, dépouillement dès la clôture du vote et proclamation des résultats par la Haute Autorité après examen des réclamations.

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