Les 10 photos de la semaine : Inde, Sushant Chhabria

Focus sur la série «In Loving Memory of» du photographe Indien, Sushant Chhabria, originaire de Mumbai, prix coup de coeur du 30e Festival International de la Mode et de la Photographie, à Hyères.

 

#1. Les « voyageurs » de Sushant Chhabria, une réincarnation spirituelle de l’âme au cœur de la matrice numérique. Photo: ©sushantchhabria.com .

#1. Les « voyageurs » de Sushant Chhabria, une réincarnation spirituelle de l’âme au cœur de la matrice numérique. Photo: ©sushantchhabria.com .

 

«Clichés de passeports avec retouches apparentes de l’Italien Filippo Patrese aux collages mémoriels de Sushant Chhabria», la série s’interroge sur la réincarnation.

 

Après avoir soigneusement recherché des portraits de défunts publiés dans la rubrique nécrologie des journaux indiens, pendant une année, Sushant Chhabria, a découpé puis mélangé dans une technique de collage, les traits particuliers des visages de chaque personne décédée, afin de reconstituer une série de 10 nouveaux visages, virtuellement réincarnés, hyperréalistes.

Le photographe offre une seconde vie, éternelle, aux «Voyageurs» de la réalité non ordinaire. Des âmes fraîchement rebaptisées dans la matière, peu après leur mort, par le biais de la matrice numérique. Une nouvelle identité inspirée par l’au-delà, réalisée grâce à la maîtrise du photomontage.

 

«Nouveaux-Nés»

 

«In Loving Memory of» s’interroge sur la réincarnation à travers une série de portraits, les «nouveaux-nés», des âmes spirituelles, teintées de lumière. La création de ces nouveaux personnages subtils, ambigus, relève des réflexions et des interrogations intimes de l’artiste sur l’existence d’une vie après la mort.

Issu d’une famille religieuse dans la région de Mumbai, empreint d’une quête spirituelle indéniable de part ses racines, Sushant Chhabria avoue volontiers sa fascination pour certains grands «leaders spirituels» de la planète, notamment Steve Jobs. L’intention majeure de cette série entend, par ailleurs, laisser transparaître «une interconnexion», entre le visible et l’invisible, quelque part entre la projection de la réalité ordinaire et l’incandescente perception de la réalité non ordinaire.

 

 

L’éternité de l’âme, sa survie…

 

«Il est de plus en plus difficile d’évoquer ces questions sans susciter une certaine gêne», a expliqué l’artiste dans une interview accordée à M – Le Magazine du Monde, le 4 juillet. Une interconnexion virtuelle, cybernétique, si présente, du quotidien aux portes de l’au-delà, que les activités de la vie courante, l’informatique, et les nouveaux réflexes engendrés par la forte présence des réseaux sociaux éloignent, chaque jour un peu plus, l’individu du silence. Un silence pourtant profondément lové dans sa propre solitude intérieure. Apologie de la méthode zen vers une reconnexion du «Soi», ad vitam.

L’artiste évoque ici le principe du cycle de vie et de la réincarnation. Une renaissance haute en couleurs pour ces visages lumineux et sereins. Les esprits détendus affichent un sourire, celui du «Voyageur» éternel, embarqué consciemment, délicatement, vers les cimes de l’infinie sagesse, où la notion de vide n’existe pas. Le temps se fige durant la transmission d’un message positif en provenance de la mort, de son éternité, représentée ici sous les traits d’un groupe de dix âmes, plutôt sympathiques et rassurantes.

 

Accéder au site de l’artiste:

http://www.sushantchhabria.com

 

 

© PAM 2015

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