Jean-Luc Mélenchon: l’Alliance bolivarienne qui dérange

A quelques jours du premier tour, le candidat profite d’une grande montée dans les sondages. Cette soudaine popularité et ce réel engouement autour de sa candidature l’ont poussé sur le devant de la scène médiatique. Désormais sous les feux des projecteurs, Jean-Luc Mélenchon est devenu la cible de ses concurrents, qui attaquent vivement son programme et ses prises de position. Dernière critique en date: sa volonté d’adhérer à l’Alliance bolivarienne. Par Audrey Bernard

 

Melenchon-une

(Photo by François Pauletto/Corbis via Getty Images)

 

Vivement critiqué par ses concurrents sur la mesure 62 de son programme, focus sur cette polémique naissante qui n’est pas la bienvenue pour Jean-Luc Mélenchon. Malgré tout le candidat reste haut placé dans les sondages et devance toujours François Fillon, candidat LR.

 

Qu’est ce que l’Alliance bolivarienne ?

Organisation politique, culturelle sociale et économique, l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) a pour but de promouvoir l’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes. Créée en 2004 à La Havane, l’organisation compte 11 membres. Aujourd’hui basée à Caracas, elle a compté de nombreuses figures politiques comme Hugo Chàvez et Fidel Castro qui ont signé leur adhésion lors d’un déclaration conjointe visant à s’opposer à la proposition de zone de libre-échange des Amériques à l’initiative des États-Unis. L’ALBA regroupe plusieurs missions: favoriser la logique coopérative plutôt que le libre- échange avec les États-Unis, mettre en place la santé gratuite, favoriser la sécurité alimentaire, donner un accès à la culture et défendre les droits de la «Terre-Mère». Du point de vue géopolitique, l’ALBA s’est opposée à l’embargo des États-Unis contre Cuba en réclamant un changement de politique de la part du géant Américain. L’organisation a également soutenu les veto russes et chinois opposés à la résolution de l’ONU contre le gouvernement de Bachar Al-Assad et dénoncé la «politique systématique d’ingérence et de déstabilisation menée par l’Occident».

 

Pourquoi Jean-Luc Mélenchon souhaite-t-il la rejoindre ?

Selon le candidat de la France insoumise, l’intégration de la France à l’Alliance bolivarienne permettrait de valoriser le pays à travers les Outre-mer, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Lors de son meeting à Toulouse, le 16 avril dernier, le candidat a réaffirmé ses positions: «Oui en effet, nous chercherons à être membres de l’Alba, c’est-à-dire d’une coalition qui regroupe dans un projet de coopération, et non pas un projet militaire, et non pas dans un projet de libre échange!», a-t-il déclaré devant les 70000 personnes de l’assistance. Pour l’Eurodéputé, la volonté de travailler avec cette alliance de commerce coopératif est forte et il n’a pas hésité à répondre aux critiques et interrogations avec aplomb. Pour lui, la France est un peuple qui a toute sa place dans cette alliance car la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin se trouvent dans les Caraïbes. Opportunité d’échanges, de culture et de commerce, l’adhésion à cette Alliance est pour Jean-Luc Mélenchon une excellente manière de prendre part dans le développement des continents. C’est d’ailleurs la mesure 62 de son programme:  construire des coopérations altermondialistes et internationalistes (…)»

 

Des attaques qui fusent

A quelques jours du premier tour, la tension monte entre les candidats qui n’hésitent pas à donner leur avis sur le programme des concurrents. Pour François Fillon, il s’agit d’un fantasme: «On quitterait l’Union européenne pour adhérer à l’Alliance bolivarienne. Je pense que rien que cette phrase-là doit faire comprendre que la montée de Jean-Luc Mélenchon est sans doute émotionnelle, certainement pas rationnelle», a-t-il déclaré. Emmanuel Macron, le candidat du mouvement En Marche! à quant à lui ironisé sur l’idée de «relever» la France dans cette Alliance. De son côté, François Hollande a mis en garde les français contre les «falsifications qui font que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte», face à la montée du candidat de la France insoumise dans les sondages. Des réactions qui pourraient bien décrédibiliser le candidat à l’approche du premier tour. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a déclaré au journal Ouest-France: «Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature». Il a d’ailleurs ajouté ne jamais avoir approuvé l’organisation politique cubaine, pour éviter toute confusion.

 

Audrey Bernard © People Act Magazine 2017

 

Sur le même thème:

Jean-Luc Mélenchon: la fulgurante ascension d’un insoumis

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

NEWS

  • Minthé Interview Qui Suis-Je ?   «Une personne sur dix dans notre monde n’a pas accès à l’eau, le plus basique, le plus vital des besoins humains. Une privation que nous, Occidentaux, n’imaginons pas endurer plus de 12 heures consécutives.  Un fait, 663 millions de personnes sur cette planète manquent d’eau. C’est une réalité, une
    Surprise des yeux   Dans une baignoire ou par le biais de ses montages photographiques, l’ancien acteur de film d’horreur, Robert Gligorov, dévoile son monde intérieur, des images exprimant ses fantasmes de mutation.     L’art ne fait qu’imiter la nature   D’origine macédonienne, Robert Gligorov est le Docteur Frankenstein de l’art mutant. Lui aussi

POINT PRESSE

Politique

Economie

Média

L'interview

Money Planet

Les planches du mag

Chroniques de l'Eau