Frères Bogdanov: 3 mn pour comprendre le Big Bang

Quand les frères Bogdanov s’attaquent au Big Bang pour les nuls, cette explosion d’énergie « primordiale » à l’origine de l’Univers, il y a près de 14 milliards d’années…

 

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L’indissociable duo scientifique formé par les frères Igor & Grichka Bogdanov. Photo © Femina.ch

 

La vie en 180 secondes…

«Si l’univers à un début, une phase immatérielle avant de se présenter en tant que matière, il devrait avoir logiquement un fin»

 

Premier bruit de l’univers, l’instant où le Big Bang commence, dans l’obscurité. 380 000 ans après cette explosion massive, intense, «démesurée», émise dans le noir, l’univers s’allume, la lumière jaillit…. 10 puissance 32 degrés, une énergie colossale tombée en trois minutes soit 180 secondes, de plusieurs milliards de degrés, autorisant ainsi la naissance d’atomes aujourd’hui âgés d’environ 13.8 milliards d’années. Des atomes présents dans toutes les sources d’eau — donc de vie — de la planète. Depuis l’instant de sa création, l’univers n’a cessé de perdre de l’énergie, il s’est complexifié jusqu’à se révéler scientifiquement voué à disparaitre.

 

Le son de l’Univers…

 

Les frères Bogdanov, en collaboration avec la NASA et différentes universités américaines, nous permettent d’explorer le vrai son de l’univers capté pour la première fois dans les années 60. Igor & Grichka Bogdanov partagent également des images photographiées par le satellite COBE (Cosmic Background Explorer), en 1989, lancé pour procéder à l’étude du fond diffus cosmologique, émis environ 380 000 ans après le Big Bang. «Ni la forme exacte de corps noir du fond diffus cosmologique, ni la présence de fluctuations de température n’avaient été détectées ; la mission COBE a rempli ces deux objectifs». Une découverte récompensée en 2006 par l’attribution du Prix Nobel de physique à John C. Mather et George Fitzgerald Smoot, initiateurs des mesures FIRAS et DMR.

Nous sommes en 1964 durant un réglage du satellite de l’Eurovision, deux jeunes techniciens américains captent des sonorités, des ondes inconnues qui brouillent la qualité des réglages de l’antenne. Après six semaines d’un travail de compréhension acharné, deux savants en quête de l’écho du Big Bang authentifient, dans le New Jersey, le travail capté par le duo de jeunes gens. La science possède désormais une preuve, un enregistrement authentique des premiers sons captés depuis la naissance de l’univers.

 

 

«Aucun outil pédagogique n’était disponible. Le livre peut se lire de trois façons. Par le texte, avec l’histoire de cette saga scientifique, ses héros, ses théories, comment elles ont fini par s’imposer. Mais aussi, et c’est une autre nouveauté, nous présentons ce qui pouvait exister avant le Big Bang, dans cette ère du numérique, en fin d’ouvrage. D’ailleurs, comme nous l’indiquons, nous ne sommes plus les seuls à nous poser cette question de l’avant».

 

Les entrées sont très découpées et nombreuses, pour permettre au lecteur de «picorer» comme il le souhaite. Par l’image ensuite, avec plus de 1 000 illustrations, dont certaines jamais vues, récoltées à Saint-Pétersbourg, à la Nasa près de Washington, qui ont amené les frères Bogdanov «à faire un véritable tour du monde sur les traces de ces scientifiques qui ont fait avancer toute la physique théorique (…)», confiait Grichka au journal Direct Matin.

 

«La matière n’est pas tout» ; «Il existe autre chose que l’énergie (…)»

 

«La matière n’est pas tout et il y a autre chose que l’énergie», telle que nous la concevons. «Un autre état, l’information». Cette source provient d’une énergie provoquée lorsqu’on pense, par exemple, aux êtres chers, décédés, jusqu’à percevoir un message, une présence issue de l’au-delà. Un état que les scientifiques définissent comme «une information» similaire au rêve éveillé d’un chamane ou la vision d’un médium, vers une nouvelle conscience contemporaine de la notion — énergétique mais également vibratoire — d’espace-temps.

Particulièrement appréciée dans ce petit kit de survie culturelle en société, côté rédaction, la fameuse théorie «si l’univers à un début, il devrait avoir logiquement un fin», plutôt notoire dans la famille Bogdanov, ou encore les discours d’Albert Einstein, publiés à l’occasion de cet ouvrage collectif (traduire Brand New Hipster Bible), notamment autour de la théorie de «l’ailleurs»Un remède antistress, effet ovni garanti, pour s’endormir, pari tenu, tous les soirs un peu moins «bêtes», la tête plongée dans le trajet le plus direct vers la découverte d’incroyables étoiles et d’une incomparable histoire, la nôtre.

Une réponse «technique» à la création divine, minimale et lucide, comme on aime. Audace acide, réalité chimique, essence à la fois subtile et violente de notre origine. À lire en attendant la fin des temps, évènement annoncé à l’échelle d’une catastrophe monumentale, envisagée — scientifiquement — comme le jour où l’énergie fondamentale de la mécanique de l’univers sera définitivement épuisée.

 

Marion Calviera 

 

 

«3 minutes pour comprendre la grande théorie du Big Bang» (1 CD Audio + 1 livre) de Luis Gonzalez-Mestres (Postface), Igor Bogdanov (Auteur), Grichka Bogdanov (Auteur), John Mather (Préface), relié en octobre 2014 aux éditions Le Courier du Livre. Prix: €29.90

 

 


 

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