« Fallen Princesses » : Dina Goldstein réveille les rêveuses

#Vancouver #Paris

Non madame, la vie n’est pas un champ de carottes. Entre le conte de fée et le girl power, on fait quoi ?

 

On enterre le prince charmant, on le démystifie ? Forcément ! Et puis mort aux fées, évidemment ! Focus sur Dina Goldstein, photographe pop surréaliste canadienne, lauréate du prix Virginia 2014 en collaboration avec M le magazine du Monde, pour la série de photographies acides et délicieusement décalées, Fallen Princesses. Une version choc de la romance urbaine exposée jusqu’au 31 octobre à l’Hôtel de Sauroy, Paris 3e.

 

 

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« Princess and Pea » (2010), l’autre version de « La princesse aux petits poids » © Dina Goldstein

 

« Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la Terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait (…) » (Extrait du conte La princesse aux petits poids).

 

Rêver moins pour souffrir moins…

L’amour est un sentiment fragile, sa beauté, comme le bonheur, des conditions trop souvent éphémères. Les années passent, la reine vieillit, le roi s’enfuit… Fin de l’histoire. Dina Goldstein se propose d’écrire le dernier chapitre du destin d’ultimes rêveuses obsessionnelles ne souhaitant ni grandir, ni mourir, en quête d’une existence idéale, parfois aveugle, face aux ravages du temps et de la vie. Pâle réalité du couple.

En 2014, après l’état de conquête sonne l’heure de la romance urbaine. La photographe n’est ici que le témoin suggestif de faits réels survenus dans son entourage. Une princesse n’est pas plus immunisée qu’une autre contre les peines de coeur, la solitude, la folie, ou le cancer. Elle sera, tout au plus, épargnée d’une peine d’argent, histoire de vivre ses propres désordres comme elle l’entend. Dina Goldstein veut provoquer un électrochoc pour faire comprendre aux petites filles élevées devant la télévision comme à certaines mamans que la vie n’est pas un film. Les « immortelles » héroïnes sont placées dans un environnement articulant une pathologie spécifique autour d’une mise en scène chargée de faire ressortir le jeu des personnages, avec « profondeur » et « émotion ».

 

"Belle" © Dina Goldstein

« Belle » (2010) © Dina Goldstein

 

Barbie Cocue, on en parle ?

Mieux, avez-vous jamais envisagé son indissociable et fusionnel époux, Ken, sous un angle bisexuel ? Quelques palais plus loin, Blanche-Neige, mère de quatre enfants, hérite de couches-culottes, de corvées ingrates, et d’un prince alcoolo qui carbure à la bière toute la journée, allongé sur le canapé devant un match de foot. Cendrillon, seule au milieu d’un bar, ne se refuse jamais « un petit canon ». Dans le collimateur de la photographe, les rêves de petites filles, indéfiniment hypnotisées par le système, les faux espoirs… l’idée sombre du « happy end », traduire : la machine Disney, si impeccablement huilée.

 

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Une réalité subtile, sombre et cruelle

Les princesses Disney se juxtaposent aux désordres d’individus (réels) qui entourent Dina Goldstein, comme la maladie, l’addiction, ou les troubles du comportement. Le projet fut achevé dans sa totalité en 2009, puis exposé pour la première fois, la même année, par la Buschlen Mowatt Gallery à Vancouver, B.C. (Canada). La série connait un succès viral immédiat sur le site JPG Mag.

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Marion Calviera

© PAM 2014

Informations Pratiques

« Fallen Princesses » de Dina Goldstein

 

Jusqu’au 31 octobre 2014

Espace Photographique de l’Hôtel De Sauroy

58 rue Charlot

Paris 3e

En savoir +

www.prixvirginia.com

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