Expo «Partir» : l’interview «Malle»

La Galerie, espace dédié à l’art contemporain créé par les Galeries Lafayette-Nice Cap 3000 & Valérie Arboireau, commissaire d’exposition, présentent l’exposition-vente collective pluridisciplinaire «Partir» du 10 juillet au 10 octobre prochain sur la Côte d’Azur.

 

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Photo à la une © Malou Moreau

 

«Partir», dans l’esprit et la vie d’un artiste conceptuel, d’un dessinateur, d’un(e) peintre, d’un(e) photographe, d’un sculpteur, d’un(e) styliste, ou bien d’un(e) vidéaste, ça veut dire quoi? Rencontres…

 

Parmi une trentaine d’artistes invités: Monsieur Z, Virginie Broquet, Matel, Boris Wilensky
, Chez monsieur Michelin, Marcel Bataillard
, Lydie Dassonville, ou Jean-Antoine Hierro.

 

«On peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là», sifflotait dans les années 90, plus ou moins subtilement, un célèbre groupe de Rock français. Comment appréhender le verbe «Partir»? Au sens caché, ignoré, ou figuré. Ce verbe du 3e groupe, synonyme de «sortir», «to leave, to go away» en anglais, conjugué avec le verbe et l’action de l’«Être», induit-il systématiquement la notion de voyage? Le dictionnaire en précise, par ailleurs, un deuxième sens, «commencer», autrement dit, «avoir pour point de départ». «Partir» traduit également une troisième situation, plus radicale, le fait de «disparaître». Pour Jean de La Fontaine dans «La Mort et Le Mourant», «la mort ne surprend point le sage: il est toujours prêt à partir.»

«Mais pourquoi partir? Partir pour s’évader? Rencontrer l’autre? Partir pour s’oublier? Se retrouver? Partir pour toujours? Pour revenir? Partir dans les nuages ou faire la planche? Partir de force ou de son plein gré? Les grands départs? Ou juste… un petit départ?», s’est interrogée Valérie Arboireau, dès la conception de la scénographie. «Partir met l’accent sur les grandes vacances, les envies d’évasion et le perpétuel besoin d’ailleurs. Tous les continents semblent aujourd’hui à portée de main mais cela favorise-t-il «La» véritable rencontre?».

 

 

«Partir», l’art de se (re)trouver?

 

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L’Ange © Lionel Bouffier

 

«La gare de Toulon qui sentait très fort la créosote. Les compartiments aux banquettes de Skaï avec les grandes photos de paysages en noir et blanc…» (Valérie Arboireau)

 

Partir engendre une mécanique, une dynamique, l’idée d’un mouvement, une réalité physique, visiblement complexe, identifiée via des codes politiques, économiques, administratifs, sociaux, artistiques, culturels, religieux, délimitée par des frontières, des zones naturelles, urbaines, des normes imposant l’idée de vivre sur le globe comme dans une boite. Ainsi, l’acte de partir s’impose-t-il sa propre limite? Mais l’impulsion de «Partir» nait-elle sous le coup d’un intense désir, d’une émotion, d’une soif de l’inconnu, d’un besoin de rupture, d’aventure?  Action spontanée? Spirituelle? Légère? Grave? Insouciante? Angoissante? Menaçante? Solennelle? «Partir» sur un coup de pouce, un coup de chance, un coup du sort?

 

Lâcheté, doute, survie, partir dans sa tête? Partir à pieds? En stop? À vélo? À cheval? En avion? En train? En bateau? À la nage… Mourir?

 

«Je me souviens des départs en vacances avec les bouchons sur la départementale au niveau du Lavandou. La 4CV qui fumait pendant que nous chantions à tue tête avec les cousins. Les touristes avec leur caravanes qui pique-niquaient au ras des pots d’échappement… La gare de Toulon qui sentait très fort la créosote. Les compartiments aux banquettes de Skaï avec les grandes photos de paysages en noir et blanc. Les fenêtres qui s’ouvraient pour acheter les sandwichs au vendeur ambulant en gare de Marseille-St Charles et la plaque «é pericoloso sporgersi» au dessus du cendrier…», se remémore Valérie Arboireau pour définir son inspiration et la cohérence — l’aspect pluridisciplinaire — de cette exposition collective. «Chacun est créatif à sa façon, chacun a son histoire. Mon rôle est d’inventer une histoire commune.»

 

L’art accessible aux clients mais également au personnel

 

 

La Galerie s’inscrit dans la politique artistique du groupe à l’instar de la Galerie des Galeries d’Haussmann ou de la Fondation Galeries Lafayette à Paris. Ici, aucune commission sur la vente d’oeuvres exposées.

 

L’histoire des Galeries Lafayette a toujours été de rendre la mode accessible à tous alors pourquoi pas aujourd’hui rendre l’art accessible aux clients mais également au personnel ? «La Galerie s’inscrit dans la politique artistique du groupe à l’instar de la Galerie des Galeries d’Haussmann ou de la Fondation Galeries Lafayette à Paris», explique la directrice artistique. «La vocation de cette galerie est également d’impliquer les acteurs culturels locaux aux divers événements et devenir incontournable dans le réseau artistique régional. Dans une politique de mécénat chère à l’enseigne, le magasin ne prend aucune commission sur la vente d’oeuvres exposées», poursuit-elle.

Les 700 collaborateurs de ce grand magasin passent plus de temps sur leur lieu de travail que chez eux et ne sont pas toujours disposés à faire la démarche de visiter musées ou galeries d’art trop souvent élitistes. Selon la commissaire de l’exposition, «ces événements sont une source d’inspiration pour tous. C’est avant tout un projet collectif qui est rendu possible par chaque force vive du magasin (…)», a vivement insisté cette dernière. Chargée du commissariat et de la scénographie, Valérie Arboireau se plait à mettre en scène des histoires et des talents, à créer des passerelles entre les domaines de l’art, de la décoration et du design: «Pour être efficace et rester créative ? Le soir, j’utilise une vieille technique (celle de ma grand-mère). En fait, je dresse la liste de tout ce que j’ai accompli dans la journée plutôt que de constater ce qu’il me reste à faire. C’est plus gratifiant et plus encourageant!».

 

«La réussite de La Galerie ne serait pas sans le travail d’Eve Lafarge, conteuse et passionnée d’art, qui assume le rôle de médiatrice culturelle sur l’exposition et ce trois jours par semaine.» (Valérie Arboireau)

 

La médiatrice culturelle est, par définition, une «intermédiaire entre deux choses», l’œuvre et son public, l’artiste et son public, plus largement le public et le lieu d’exposition. «En cela, sa tâche est celle d’une créatrice et tisseuse de lien(s). Le rôle essentiel de la médiatrice culturelle est de donner les clefs des œuvres au spectateur et les rendre accessibles au plus grand nombre», a rappelé Valérie Arboireau. Il s’agit d’une éducation informelle, en donnant du plaisir, des outils de lecture, du sens, en provoquant l’envie d’en savoir davantage. Une mission: éveiller la curiosité du profane en maintenant intact, par ailleurs, l’intérêt, la surprise de l’expert et de l’amateur.

 

Informations pratiques

 

«PARTIR»

Du 10 juillet au 10 octobre 2015

 

© Florence Guillemot

© Florence Guillemot

 

La Galerie

Expo parallèle au premier étage du magasin:

Zoom sur Monsieur Z

Commissariat & scénographie Valérie Arboireau

Vernissage le 9 juillet de 18h30 à 21 heures

Rez-de-chaussée du magasin Galeries Lafayette – Nice Cap 3000

06700 – Saint Laurent du Var

 

Entrée libre et gratuite

Visite commentée tous les lundis, vendredis, et samedis, de 11 heures à 19 heures

 

Renseignements :

+33 (0) 4 93 14 82 12 ou +33 (0) 6 60 10 88 71

 

Accéder au site web :

Galeries Lafayette – Cap 3000

 

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 Propos recueillis par Marion Calviera

Art Motion © PAM 2015 

 

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