Enracinement de la pensée frontiste: 33% des français en faveur du FN

 

Présidentielle 2017
Focus #03
Par Audrey Bernard

 

La France frontiste…

Selon un sondage Kantar Sofres-OnePoint pour France Info et « Le Monde », 33% des français se disent tout à fait ou assez d’accord avec les propositions du FN. Une augmentation de deux points par rapport au même sondage, réalisé l’an dernier.

 

1 Français sur 3 partage aujourd’hui les valeurs de Marine Le Pen qui se félicite du Brexit et de l’élection de Donald Trump aux États-Unis soit un premier pas vers une émancipation, preuve selon la candidate d’une levée contestataire du peuple. Crédits photo © Marine LE PEN – Site officiel de la délégation française FN/RBM au Parlement européen.

 

Qui sont ces français ? Derrière les chiffres — 33% —, on observe 38% d’employés et 48% d’ouvriers. Principal constat : 51% d’entre eux trouvent qu’il y a trop d’immigrés en France. Une donnée non négligeable puisque le FN axe une nouvelle fois sa campagne sur le durcissement de la politique migratoire ou encore le renforcement de la sécurité intérieure. Marine Le Pen projette notamment de rétablir les frontières nationales en sortant de l’espace Schengen. Une idée qui séduit de plus en plus de Français, étant donné le contexte d’état d’urgence et d’agitation sociale actuel.

 

Des mesures qui suscitent l’adhésion

En tête de liste c’est la déchéance de nationalité pour les djihadistes français binationaux qui suscite plus de soutien des sondés. La mesure est suivie de peu par le rétablissement du service militaire, dont la présidente du FN a souvent vanté les mérites. De nombreux votants jugent important de donner plus de pouvoir à la police. Une donnée plutôt surprenante après les abus policiers lors des manifestations anti loi travail en 2016 et plus récemment, l’affaire « Théo ». En parcourant les chiffres, il est clair que les sondés démontrent des convictions fortes, une volonté viscérale de retourner à des valeurs traditionnelles. C’est ce que promet le Front National en suggérant une sortie de la zone euro afin de se recentrer sur les intérêts politico-économiques de notre territoire national.

 

Pour cette mesure néanmoins, les chiffres sont moins tranchés car 64% des frontistes l’approuvent mais seulement 11% des électeurs Républicains et 14% des sympathisants de gauche y adhèrent. Malgré tout, 58% des sondés jugent le FN « dangereux pour la démocratie ». Un chiffre en hausse par rapport à 2016, qui nuance l’intégralité du sondage.

 

Un contexte de crise au service du populisme

Crise migratoire, terrorisme, insécurité, chômage, échec de l’Europe…Une équation gagnante pour la candidate Marine Le Pen. Ces données exposent les facteurs explicatifs du vote frontiste. En jouant sur les thèmes qui font la marque de fabrique de son mouvement, le FN touche la sensibilité de son électorat. L’immigration a toujours été l’élément phare sur lequel le parti à construit sa ligne : on simplifie le discours en faisant d’un élément, la matrice de tous les problèmes. De plus, le vote frontiste est un vote contestataire. Le parti joue sur le « ras-le-bol » du peuple pour fédérer, pour se faire entendre. En se donnant « voix du peuple » le FN incrimine les élites. Désigner un coupable pour les électeurs et nourrir leur défiance : telle est la stratégie de rassemblement du FN.

 

« Au deuxième tour, Emmanuel Macron battrait Marine Le Pen avec 60% des voix. Si un second tour opposait la présidente du Front National à François Fillon, ce dernier l’emporterait avec 56% des voix contre 44% », selon un sondage OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique. Ainsi, le comité politique LR a renouvelé, en fin de journée, lundi 6 mars, son soutien au candidat Fillon.

 

Dans un contexte aussi marqué par les incertitudes, l’envie de révolte est de plus en plus présente. Du pain béni pour Marine Le Pen, qui se félicite du Brexit et de l’élection de Donald Trump aux États-Unis. Pour elle, c’est le premier pas vers une émancipation, la preuve d’une levée contestataire du peuple. La présidente du FN a d’ailleurs déclaré le 21 janvier, lors d’une réunion de partis membres du groupe Europe des nations et des libertés du Parlement Européen en Allemagne : « 2016 a été l’année où le monde anglo-saxon s’est réveillé. 2017 sera, j’en suis sûre, l’année du réveil des peuples de l’Europe continentale ». Une envie révolutionnaire que la gauche compte bien contrer. En mars, dans une interview au « Monde », le Président François Hollande a déclaré : “Mon ultime devoir, c’est de tout faire pour que la France ne puisse pas être convaincue par un tel projet, ni porter une si lourde responsabilité.” Une lutte qui promet d’être mouvementée.

 

Audrey Bernard © PAM 2017

 


 

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