Édito spécial : Paris, ville forte…

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Paris ?
« L’équivalent d’un bataillon détruit en 20 minutes »

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Jean Jullien, graphiste nantais, étudiant au Paraclet à Quimper (Finistère) signe le nouveau symbole, Peace for Paris, « son dessin s’est imposé sur le net après les attentats« . Source : Ouest -France | DR

 

129 morts et plus de 300 blessés

 

Dernière mise à jour mardi 17 novembre à 05.38 am

Après une relecture attentive du Coran et de l’Histoire de la civilisation, il parait indispensable de rappeler que l’éveil de l’Islam fut à la source d’un grand développement des sciences modernes. Le Coran se compose de textes sacrés d’essence prophétique divine, définissant le rôle du «guerrier» ou encore le sens profond de la «bravoure», parmi d’autres thèmes reliés à une certaine logique ésotérique universelle, et la mise en application d’un ensemble de rituels, à la fois stricts et précis. Message d’espoir, rêves mystiques, Le Coran dévoile un enseignement basé sur un principe d’amour et de tolérance. Néanmoins, l’hermétisme viscéral de certains théologiens depuis le Moyen-Âge effraie la philosophie, provoquant, par ailleurs, une grande instabilité sociale ainsi qu’une interminable croisade au cœur de la population orientale, notamment parmi les chrétiens d’Orient — dont les armées régionales sont réputées plus faibles et surtout moins nombreuses. «Des victoires faciles» sur des peuples sensibles, réduits à l’esclavage depuis les temps anciens. Aujourd’hui encore, il existe donc une faille réelle entre la nature du message coranique véhiculant, sans conteste, un appel à la tolérance envers les autres religions, et l’instrumentalisation de la pensée religieuse, manipulant sans sagesse ni vertu, les méandres de l’âme humaine, la peur du vide et du «Divin», au profit d’une multitude d’intérêts politico-économiques, enracinés dans une nouvelle forme d’(anti)matière. Ainsi, une multitude d’idéologues et de théologiens orientaux estiment que l’intention suprême du Califat n’a pas valeur de supériorité morale sur les autres religions. Lire: Coran : La guerre moderne – Article publié le 22 juillet 2015. En savoir +: Paris : Traque d’Abdelhamid Abaaoud.

 

La guerre moderne, nous y voilà, nous y sommes. Paris, triste symbole d’une partie de la population occidentale contre une autre partie de la population occidentale sur n’importe quelle terrasse ou trottoir de l’Europe, au motif d’un désordre spirituel global et de divergences économiques complexes en matière de politique mondiale. La folie dure, «c’est fait avec une telle violence, une telle barbarie, qu’il faut en parler, témoigner. Si on n’en parle pas… ça peut finir par nous avoir (…)», témoignait devant les caméras, Julien Pearce, journaliste, survivant des attentats du Bataclan à Paris, le 13 novembre 2015.

Modèle psychique des personnalités mystiques dites fanatiques recevant l’appel religieux sur le modèle contemporain: «tuer» pour «punir», partir en martyr, s’autosanctifier subjectivement dans l’acte de la mort à la gloire de… Visions d’horreurs, détonantes, chocs multiples, l’hiver 2016 sera long sur la planète Terre vers un futur moyen terme, plutôt glauque. Pressentiment, la vie est subtile, très courte. Lourdes conséquences sur les libertés individuelles que ce vendredi 13 novembre 2015. Impact immédiat sur le mental des populations internationales communément atteintes par la rage invisible d’une partie émergente de la nouvelle jungle urbaine, bien réelle. Sans amour ni concession pour le «mécréant», le serveur du Diable, l’hérétique, son prochain ; sans âme pour soi ni pour la vie de celui «qui porte la bannière du démon et de la Croix». En France, juifs, catholiques, bouddhistes, mages, sorcier(e)s, chamanes, occultistes, magnétiseurs ou francs-maçon(ne)s, héritons également de connaissances issues de civilisations très anciennes, parfois dites païennes, d’une sagesse communément admise relative, au même titre que l’islam.

Le Monde et l’Homme n’est double que pour celui qui confère cette fonction. La guerre moderne donc nous y voilà, nous y sommes. L’enfance, la jeunesse, les rêves, l’adolescence, l’implication future de plusieurs générations, malgré nous. En 1789, si ma mémoire est bonne, le peuple Français s’est même révélé champion du monde toutes catégories de la décapitation et des révolutions permissives, libertaires, historiques… L’arrogance made in France. Les parisiens, pour l’heure, sont anéantis par le choc mais surtout atterrés par le coeur ; (r)éveillés en toute conscience d’une nouvelle et pâle réalité, non désirée. Les fanatiques religieux sont-ils une puissante machine militaire agissant en toute conscience de leurs actes? Ou bien les kamikazes sont-ils, plus simplement, des personnalités manipulées par un nouveau système économique, spirituel, politique et social, qui visiblement séduit une partie de la jeunesse de notre société ?

 

« Daesh frappe tous les trois mois», selon une observation de la DGSI. Le groupe d’assaillants est porté au nombre de neuf, deux courent toujours, mardi 16 novembre 2015 à 22h30. Sur cette photo, L’Express rend hommage aux victimes « afin de mettre des visages sur des chiffres…« .  Accéder à l’article : Lire

 

«Ce sont des plaies du thorax par armes à feu, des hémorragies importantes. Il y a aussi beaucoup de fractures parce que les gens se font écraser par la foule.» – Docteur Philippe Juvin, Dimanche 15 Novembre 2015, Le Monde – Quotidien n°22031.

 

Le « rituel » de deuil populaire spontanément organisé après les attentats du 7 au 9 janvier ou ceux du 13 novembre 2015 à Paris, dans le reste du monde, révèle une méthode efficace pour exprimer ses émotions afin de ne pas sombrer dans les méandres d’une réalité improbable, notre culpabilité à n’avoir rien pu faire. Pour éviter de se repasser un mauvais film dans sa tête en se disant que l’on aurait pu mieux faire, ou agir autrement… Il est impératif d’évacuer les souvenirs fabriqués sous contrainte de la peur.

Authentique revendication de l’État islamique immédiatement condamnée par le Hezbollah (Parti de Dieu). Une action secrètement préparée par les commanditaires, une technicité enseignée à l’aide d’une complicité extérieure sous le signe d’un acte de guerre. «Les kamikazes auraient pu faire plus dégâts au stade de France. En revanche, à Paris, les attentats de masse ont fait un carnage avec des méthodes encore inconnues jusque-là sur le sol français», indiquent les enquêteurs et les experts, parmi sept assaillants dont trois Français, au moins, habités d’une volonté implacable de tuer. Visiblement, un complice — un chauffeur— serait actuellement en cavale.

 

«Des gens habillés normalement tirant à visage découvert, parfois à plus de trente reprises, en dessinant des gestes circulaires avec leurs armes pour faire plus de victimes, en tirant à terre ou dans le dos des personnes qui tentaient de s’échapper (…)», se souviennent les témoins. En quelques minutes, le sol du Bataclan se recouvre de plus de quatre-vingt corps sans vie. Nuée de chairs et d’âmes déchirées entre la peur et la surprise… Certains kamikazes ou leurs victimes n’avaient que vingt ans. Colère, sidération, tristesse… les messages et les actions solidaires citoyennes abondent, les perquisitions et les investigations entre la France et la Belgique aussi.

 

«Face à la mort, en tant que rescapé, on n’a pas toujours le réflexe de faire les bonnes manoeuvres. Dans un attentat, bien souvent, nous sommes en état de choc violent, nous n’avons pas la même réaction dans un autre contexte, notamment avec les blessés. Prendre des images, filmer, c’est également un moyen de s’approprier l’évènement. Ce n’est pas toujours du voyeurisme, c’est aussi une façon de mettre un écran entre la réalité et soi, c’est important de le préciser. Le mouvement spontané Même Pas Peur créé aujourd’hui même symbolise un acte de résistance», soulève au lendemain des attentats coordonnés, Hélène Romano, docteur en psychopathologie-HDR, psychothérapeute, référente de la cellule d’urgence médico-psychologique du Val-de-Marne et de la consultation de psychotraumatisme du CHU Henri-Mondor.

«Les rituels en cas de mort violente sont très importants pour prouver notre attachement, notre solidarité aux autres». Le médecin perçoit le «rituel» de deuil populaire qui entoure les attentats du 13 novembre 2015 à Paris comme une méthode efficace pour exprimer ses émotions, un sentiment de solidarité comportant un aspect thérapeutique. Se réunir permet de se «réinscrire» dans la vie et affronter des situations excessivement traumatisantes. Les regroupements humains, en période de deuil national, évitent les sentiment de solitude ou de culpabilité de s’installer. Une réaction d’une importance capitale pour évacuer une négativité infligée. D’après Hélène Romano: «Ce n’est pas toujours en lien avec une politique de sécurité intérieure mais c’est une réaction qui contribue à ne pas se laisser envahir par un sentiment de soumission (…)».

 

Si les gens ressentent le besoin de sortir dans de telles situations, il faut les laisser sortir, parler, s’exprimer, «rigoler même de choses qui ne sont pas drôles», insiste les spécialistes. Une façon comme une autre de s’ajuster, de filtrer, une nouvelle perception de la réalité dont le subconscient et la conscience se seraient, sans conteste, volontiers passé.

 

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Le président Hollande a déclaré un état d’urgence historique prolongé de trois jours à trois mois, dimanche 15 novembre, en vue de permettre l’accélération administrative des procédures militaires et  judiciaires. L’enquête avance et l’armée se déploie dans l’Hexagone. La France et les alliés ripostent actuellement sur le sol syrien avec 20 bombes lancées en direction des lieux stratégiques du Califat durant la nuit du 15 au 16 novembre 2015. Source photo : DR

 

Idéologues et théologiens musulmans dénoncent les enjeux d’une guerre sans limite et la grande réticence de certains théologiens à envisager les textes islamiques sous une forme contemporaine. Nouvelle phase dans l’histoire du terrorisme mondialisé. En juin dernier, 1800 français étaient engagés dans la croisade syrienne, a indiqué Eric Ciotti (Les Républicains), député, président du département des Alpes-Maritimes. Pour le monde musulman, notamment le peuple Tunisien, «la réforme des textes islamiques incite à la criminalisation du salafisme», de même qu’aux actes d’une nature radicale. Le monde fixe son regard vers l’Orient et les nations constatent, à l’unisson, une mise en valeur évidente d’un conflit au cœur de l’islam, entre musulmans modérés — en faveur d’une réforme démocratique de la religion plus adaptée à la société contemporaine — et musulmans radicaux, diabolisant l’islam spirituel avec un projet de société «séduisant» pour une partie de la jeunesse actuelle.

Contre une idéologie violente, autoritaire, penseurs, théologiens, philosophes, idéologues, et historiens, se rangent aux côtés de nombreux dirigeants du monde arabe et du monde occidental. Cette majorité préconise «d’assumer», «de remettre au goût du jour», une indéfectible lutte contre le «harcèlement religieux» et les attaques anti démocratiques à la chaine qui en découlent — «Daesh frappe tous les trois mois», selon une observation de la DGSI. Une résistance structurée sans toutefois se sentir «omnibulés» ni victimes d’une crise aiguë d’islamophobie, au constat des départs internationaux vers la Syrie.

 

«Cette violence au coeur de l’Homme…»

 

Dans la société urbaine, l’angle de vision de la nouvelle jungle se révèle dangereusement axé sur l’Homme en tant que ressource humaine. Une déshumanisation de l’employé, du client, du patient — le symptôme. Une déshumanisation complexe de l’être, à la source d’un déséquilibre toxique du balancement des forces en ce qui concerne la place et le rôle de l’individu dans son environnement. Processus nocif attaquant le fonctionnement de la machine humaine physique, psychique, mentale, énergétique, mais également les plans extérieurs d’autres mondes avec lesquels l’Homme-Esprit peut entretenir, volontairement ou non, un rapport subjectif. À travers une plongée dans l’histoire de la science, l’auteur américain Howard Bloom envisage, quant à lui, violence et mal être au centre d’une nature originelle de la vie dont l’acidité et la dynamique seraient destinées à faire progresser l’humanité.

«Désamorcer le processus de haine», a insisté le 16 novembre, Dounia Bouzar, directrice générale du centre prévention contre les dérives de l’islam. Pour «être efficace (contre la radicalisation) en plus de la répression, de la surveillance, de tout ce qu’on peut mettre en place, le vrai médicament c’est de désamorcer ce processus de haine, de rupture, de déshumanisation à la base.»

«Cette violence au coeur de l’Homme, au coeur des forces qui gouvernent l’histoire, aurait trouvé son illustration la plus spectaculaire le 11 septembre 2001». Vision résolument nietzschéenne consistant à croire que nos meilleures qualités découlent parfois de ce qu’il y a de pire en nous. «Nous devons construire une image de l’âme humaine qui fonctionne. Non pas une vision romantique de la Nature (…), mais une reconnaissance du fait que l’ennemi est en nous et que la Nature l’y a placé», revendique Howard Bloom. En tenant compte du processus de synchronisation on peut alors estimer que tout arrive pour une raison même si, aujourd’hui, une fois de plus, le mal est fait.

 

Marion Calviera 

Fondatrice People Act Magazine

En savoir +

Témoignage : recrutements djihadistes dans les prisons françaises 

Syrie, Irak : l’antidjihad

Coran : la guerre moderne …

Portraits en hommage aux victimes des attentats de Paris, le 13 novembre 2015, à lire sur Vanity Fair:  « Des frères, des soeurs, des maris, des mères… » –> http://vf.fr/RIP

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