COP21: Pékin, alerte «airpocalypse»

Laurent Fabius presse ses ministres dans le cadre de la COP 21 avec requête, hier, d’«une première vision d’ensemble» du texte final, dès mercredi. Pékin au coeur des préoccupations.

 

Photographie: Climate Change, Hope Hoax © Boris Wilensky / Hurban Vortex.

Température zéro degré ou plus froid, Pékin et les régions au nord de la Chine, plongées dans « une brume blanchâtre imprégnée d’une forte odeur de charbon ». Photo: Climate Change, China, Hope Hoax © Boris Wilensky / Hurban Vortex / People Act Magazine 2015

 

L’accord définitif vers une conciliation mondiale en faveur du climat et de l’écologie doit être présenté, au plus tard, jeudi soir, à l’heure où la Chine a décrété — une première — l’alerte rouge à Pékin cette semaine concernant l’inquiétant niveau du taux de pollution.

 

Pékin sous un épais brouillard polluant contenant un record de densité de micro-particules dangereuses pour la santé, plus de vingt fois supérieur au taux maximum admis par l’OMS.

 

Un délai de réflexion et de coordination de cette ébauche vers les termes définitifs d’un accord à la suite des négociations COP21 sera nécessaire pour ajuster certains points juridiques ou encore établir les traductions officielles, sous 48 heures. L’ultimatum pour la signature d’un accord final est programmé vendredi 11 décembre dans la soirée. «Je pense que ce soir on ne dort pas», a déclaré Laurence Tubiana, ambassadrice française.

Au même moment, à Pékin, le gouvernement du pays plus grand pollueur au monde a décidé de toute urgence, mardi 8 décembre, de «restrictions» radicales pour 21 millions d’habitants: fermeture des écoles, interruption des chantiers en extérieur, ou circulation alternée. «Les problèmes à Pékin sont importants mais le reste du pays doit se développer économiquement, ce qui se traduit par une hausse des émissions de carbone», a expliqué Zhiyao Tang, professeur associé en écologie à l’université de Pékin, dans le cadre d’une interview accordée à France 24.

«Tout le monde doit éviter le plus possible de sortir», depuis mardi matin et jusqu’à jeudi, ces mesures «exceptionnelles» seront à respecter par l’ensemble de la population, selon un communiqué du Bureau de la Protection environnementale de la municipalité. D’après une source L’Express, le chef de l’Etat Xi Jinping, présent parmi ses 149 homologues au Bourget, devrait monopoliser la conférence autour d’«un accord historique, équilibré et juste» sur les émissions de carbone après 2020.

 

 

 

En 2014, la Chine envisageait son pic d’émissions de carbone dès 2030, date à laquelle le pays plus grand émetteur de CO2 au monde promet maintenant «une stabilisation» de ses émissions de carbone. Un engagement précis, désormais très attendu par les écologistes et les pays partenaires. «L’objectif que se sont fixées les autorités est réaliste», selon les estimations de l’expert chinois, Zhiyao Tang, ne faisant pas parti de la délégation officielle.

 

 

Photoreportage:

Boris Wilensky

Article:

Marion Calviera

 

© PAM 2015


 

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