Ceramic Tattoo: Sophie Sarramégna, l’envol des hirondelles tatouées

Coup de cœur de la rédaction

— Urban survivor kit —

 

Ancienne juriste, Sophie Sarramégna a décidé de tout plaquer pour se consacrer à sa passion, le dessin.  Envie de liberté, de se démarquer, elle s’inscrit à l’École des Beaux Arts de la Céramique, à Vallauris, pour ensuite créer sa ligne de vaisselle artisanale ou vaisselle tatouée, sous le label Ceramic Tattoo. Rencontre par Mathilde Dandeu

 

Dialogue avec Sophie Sarramégna, créatrice de vaisselle tatouée, dans son atelier niçois, Un lieu de travail dédié à la fabrication des pièces CERAMICTATTOO, ouvert depuis juin 2015. (DR)

 

« Je peins pour les rockers, les gothics, les punkabilly, les vieux rockers à voix rauques, les Nina Hagen en résilles, les ados permanents, les hirsutes avec piercing, les tatoués à l’encre de chine, les cosplayeurs, les buveurs de bière brunes, pour la musique et pour ceux qui l’écoutent, pour les labels indépendants et les autoproductions… Tous ceux qui ne sont pas à la mode, et qui créent leur propre mode, c’est à eux que mes créations s’adressent mais les autres sont les bienvenus. Parce que ce n’est pas forcément une vaisselle pour se montrer, mais une vaisselle pour soi (…). Dès le départ j’ai voulu créer ce kit de survie en milieu hostile, pour se démarquer avec une vaisselle qui nous ressemble (…) »

 

Pinceaux, crayons, depuis l’enfance, Sophie communique avec sa créativité et ses outils, selon une dextérité sans faille;  elle imagine ses histoires, dessine ses propres BD, autrefois sur toile ou sur papier. En 2014, elle décide d’utiliser un support plus original : « J’ai découvert la terre, fragile mais qui perdure des années (…)». Aujourd’hui, l’artiste raconte ses histoires sur la base d’une vaisselle urbaine, en créant des services graphiques dédiés aux arts de la table : plats, assiettes, tasses… Le nom de sa marque Ceramic Tattoo, vient du fait qu’elle travaille sur des terres non émaillées, poreuses comme la peau — ce qui permet aux oxydes de pénétrer dans la vaisselle comme au travers de l’épiderme. «  Mes dessins perdurent, ils ne s’effacent pas avec le temps, c’est la différence avec les décalcomanies que l’on trouve dans la production industrielle ». Sophie a choisi de défendre les thèmes graphiques et les techniques de dessin, appliqués à l’art ancestral du tatouage.

 

« Les hirondelles symbolisent le printemps, la liberté, la fécondité, la chance… c’est le messager des bonnes nouvelles. Pour les marins elles symbolisaient le retour au foyer, aussi les tatouages d’hirondelles fleurissaient sur les bras tatoués. Le Projet Hirondelle vise à faire voyager les hirondelles, dans cette symbolique de paix. »

 

 

Des murs d’hirondelles

Autre que la vaisselle, l’artiste confectionne des petites hirondelles, fruit d’un projet pour cette nouvelle année. Tatouées avec des motifs différents, Sophie souhaite créer un mur rempli de ces oiseaux, symbole de pureté, de bonheur et de chance. L’idée lui est venue il y a environ six mois. «  Mes clients m’envoient des photos de chaque objet qu’ils m’achètent; ce qui m’a donné l’idée de créer une géolocalisation de mes créations en créant un Google Map (…)». Puis, elle repense à ce projet street art, réalisé il y a quelques années, dans lequel elle avait dessiné ces fameuses hirondelles sur toiles et murs. « Cela m’a inspiré pour recréer le même mur. Cette fois, avec mes hirondelles en céramique; en les associant aux hirondelles graphiques (…)». Une première envolée verra bientôt le jour, toutefois, l’artiste souhaite préserver une certaine confidentialité autour de ses projets en cours de production. Elle promet un vaste espace simultanément intime, autorisant l’envol de 100 ou 200 jolies hirondelles… Sophie espère que ses hirondelles se retrouveront, un jour, dans le monde entier — un mur foisonnant de ces oiseaux, porteurs de paix dans le Monde.

 

 

#Punksnotdead « Mes licornes bipolaires »

Sophie confectionne, par ailleurs, d’autres petits personnages tels des couples singuliers: le marin et sa pinup des années 50 aux allures rockabilly. Ou encore, ce couple de squelettes heureux, griffe incontournable de son atelier, que l’on retrouve sur sa vaisselle récemment exposée au salon du mariage à Paris, lors des journées du 28 et 29 janvier. «  J’aime les squelettes, à mon sens, ils représentent la mort joyeuse. Ils sont taquins, débarrassés de toutes les inégalités sociales du fait que l’on ne distingue ni leur sexe ni leur couleur de peau (…)». Coup de cœur inclassable de la rédaction, Sophie tatoue, par exemple, des Licornes singulières au caractère trempé, un peu à l’image de notre société. « Ce sont des animaux très gentils, fantastiques, sweet (traduire doux) Des êtres aussi purs, aussi gracieux, n’existent malheureusement pas (ou plus) ». L’artiste leur attribue différentes facettes : colériques, joyeuses, douces, méchantes…; « je les appelle mes licornes bipolaires »,  confie-t-elle, regard alerte et sourire complice.

 

 

Où trouver l’atelier de Sophie Sarramégna ?
Facebook Site Web Instagram
Ceramic Tattoo, 9 rue Miron, 06000 Nice
Renseignements : 06 28 77 33 43

 


 

Propos recueillis par Mathilde Dandeu
L’interview © PAM 2017

 

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