Antijihad : Mossoul (Irak), où va la guerre ?

Le 10 juin 2017 le Soleil s’est levé sur une journée rouge ramadan à Mossoul, en Irak, où les soldats du monde libre marchent à pieds vers « la dernière bataille ». Mission : récupérer une partie du territoire contrôlé par l’EI, trois ans après avoir perdu la ville. Ils s’apprêtent à reprendre possession de leur terre face aux attaques insidieuses des soldats mortifères de Daesh. Les organisations humanitaires et médicales se préparent la coordination imminente des secours, en espérant que tout se déroule « pour le mieux ». Entre 300 et 600 blessés par jour, estiment les médecins sur place. Par Marion Calviera

 

« Artillerie irakienne entre Markhmour et Qayyarah a 70 km au sud de Mossoul. Un homme se repose sur les minutions. Daech en Irak : les inconnues de la bataille de Mossoul« . Source © L’obs Temps réel

 

La coalition entoure les combattants irakiens sur le front de Zinjili où les citoyens qui servent de « boucliers humains » sont retenus prisonniers chez eux par l’EI. « Deux cent mille civils, dont près de la moitié seraient des enfants, sont pris au piège à Mossoul-Ouest », informe ce jour-là une source Figaro. Civils « hagards », « terrorisés », voilà que la coalition internationale accentue les frappes aériennes. Un commando armé de sept hommes avance, maison après maison, pour « reprendre le contrôle du quartier » en tentant d’échapper aux rafales de balles ou encore aux kamikazes qui se font exploser, à tout-va, pour freiner la marche de l’opération militaire.

Les brigades des forces spéciales s’introduisent progressivement dans les quartiers Nord de la ville. Les civils cachés de toutes parts fuient massivement au milieu des balles, dès qu’ils le peuvent. Une grande confusion règne sur l’identité des individus dans la zone, où les combattants terroristes se mêlent à la population : mortiers, attaques suicides ou maisons piégées, les principales blessures des victimes sont constatées sur la poitrine et à la tête, étant donné la présence de snipers. La chaine américaine CNN diffuse en boucle de violentes images du carnage et les morts, comme souvent, deviennent des couches de protection, des planques, pour les (sur)vivants ; eux-mêmes métamorphosés en boucliers humains lorsqu’ils sont capturés par l’organisation islamique. Où va la guerre ? « Cette coalition est plus qu’hétéroclite, elle est fragmentée », insiste Myriam Benraad. « Si l’EI est leur ennemi commun, chacun a ses priorités, parfois conflictuelles, et lourdes de menaces pour la période qui suivra la prise de Mossoul. »

 


Ali Arkady, un photographe indépendant est parvenu à fuir l’Irak avec « des preuves des exactions (tortures, viols) commises à Mossoul par des soldats d’élite de l’armée irakienne (ERD) », accordant son témoignage à RT au sujet « des exécutions dont il a été témoin ».


 

« Le monde est instable, il est dangereux (…). La barbarie dès qu’elle le peut se reforme (…) car le monde toujours éprouve notre conscience », a déclaré  dans la matinée du 10 juin 2017, Emmanuel Macron, fraichement élu président de la République française le 14 mai dernier, bénéficiant à cette heure d’un état de grâce auprès des citoyens. « Apôtres du néant », « fanatiques en tous genres » et « drapeaux noirs », sont les termes employés par Emmanuel Macron pour définir l’opacité du monde, de 1933 à nos jours, lors de son discours officiel en hommage au 73ème anniversaire du massacre des villageois d’Ouradour-sur-Glane, le 10 juin 1944. Sous le regard ému de Robert Hébras, ultime survivant du drame.

« La parole comme celle d’un survivant vaut plus qu’une autre », a rappelé le chef de l’État. Expérience sans prix que d’ « affronter », « surmonter », « vaincre », l’Enfer. « Ici, on dirait que le cri des martyrs ne s’est jamais tu (…). Ecoutez. Regardez. La vie à la fin l’emporte (…) », a souhaité enseigner le chef de l’État, sur une douce tonalité, aux jeunes élèves présents dans l’audience. Entre message d’avertissement à l’adversaire et renouvellement de l’amitié économique et culturelle franco-allemande, soigneusement, consciemment, élaborée depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale — et son pénible apprentissage humaniste à l’échelle globale — le président Français entend, dans les années à venir, œuvrer à des accords et des partenariats avec des peuples « capables d’unité et de pardon ». Toutefois, comme le démontre l’expérience de 1945, « il faut d’abord que justice soit faite (…) par la mobilisation des consciences (…)» pour recycler « ces mêmes fractures, ces mêmes balafres, qui ont fait notre histoire européenne ». #MC

 

Marion Calviera © PAM 2017

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