Le film American Honey hué à Cannes

American Honey (2016), road movie anglo-américain de 2h42, a effectué une regrettable sortie de route, hier soir, à Cannes, selon l’avis unanime de la critique internationale. Point de vue par People Act…

 

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Photo du Film © Parts & Labor LLCPulse Films Limited The British Film Institute Channel Four Telev

 

Sasha Lane, la jeune comédienne américaine du film aux côtés de Shia Labeouf, a été repérée par des producteurs quelques mois auparavant dans un restaurant au Texas.

 

En espérant que cette dernière se soit imprégnée de l’énergie vivifiante du tapis rouge, lors de sa première montée des marches. En effet, le road trip semble avoir effectué une «sortie de route» en pleine projection (trop long, trop mental, trop décalé, trop puéril, trop lent, scénario fragile, mise en scène instable, jeu des acteurs improbable…). En coulisses, on soupçonne la réalisatrice d’avoir voulu s’offrir «son film américain», comme le mentionnait publiquement la presse française plus tôt dans la matinée.

 

Chronique d’un récit inclassable

 

Payée $7.25 de l’heure l’an dernier comme serveuse dans un restaurant mexicain à Frisco, au Texas, Sasha Lane est repérée sur son lieu de travail par des producteurs affirmant qu’elle possède le caractère et le potentiel qui conviennent sur grand écran. Info ou intox ? À 19 ans, elle décroche ainsi son premier rôle à Hollywood dans le film American Honey (2016) de la réalisatrice, scénariste et dialoguiste britannique, Andrea Arnold connue pour Wasp (2004), Oscar du Meilleur court-métrage de fiction, puis ses longs-métrages Fish Tank (2009), prix du jury cannois et BAFTA du Meilleur film britannique ou Les Hauts de Hurlevent (2011), parmi d’autres productions.

Sasha Lane y partage l’affiche aux côtés de Shia LaBeouf, coup de coeur de l’héroïne, figurant au casting de Fury (2014), Charlie Countryman (2013) ou Nymphomaniac (2013). L’acteur est pressenti pour incarner par ailleurs, très prochainement, le rôle de John McEnroe dans un biopic éponyme. Riley Keough, bientôt à l’affiche de The Good Doctor & The Girlfriend Expérience, fille de Lisa Marie Presley et Danny Keough, est également comprise au casting du premier film maudit de l’édition 2016.

Style volontairement griffé minimal, épuré, intimiste, dont le tournage semble inspiré d’un documentaire, le film dévoile l’aspect sensible, les états «d’Être», de la jeunesse américaine contemporaine. Hyperréaliste, American Honey reçoit aujourd’hui un accueil très mitigé. Le Monde affichait la couleur plus tôt dans la matinée avec une critique acerbe: «2h42 de ce road-movie sans âme, lisse comme une traînée de gloss, semblaient ne jamais devoir finir (…)». L’expérience de Télérama, un «road movie surdimensionné» La production s’inscrit donc dans l’histoire du Festival de Cannes 2016 comme le premier film sifflé après quatre jours de compétition.

 

 

La réalisatrice encensée, Andrea Arnold, remportait deux Prix du jury en 2006 et 2009, histoire de reconnaitre et consacrer ses étonnants portraits de femmes anéanties, dans Red Road et Fish Tank. Il faut dire qu’après le coup de foudre unanime de la Croisette pour la comédie Toni Erdmann de Maren Ade, fraîche, subtile et poétique, pronostiquée grande favorite de la compétition depuis le lancement du festival, American Honey pourrait avoir souffert des affres d’une projection au concept artistique inadapté, conséquence de l’emballement pour la réalisation allemande, jugée valeur moins fréquente à Cannes. Si Toni Erdmann suggère délicieusement l’idée du père que nous rêvons d’avoir, American Honey relate les conséquences de certaines dérives parentales, nées de valeurs éducatives discutables.

Le film reste néanmoins à découvrir, il sera sans doute plus apprécié dans le cadre d’une après-midi ou d’une soirée cocooning, chez soi, à l’approche de l’hiver. Les contributeurs à l’évolution de la culture alternative méritent, comme tout un chacun, une seconde chance, les autorisant à prouver la validité de leur productions et de leurs expériences, inscrites quoiqu’il advienne dans l’air du temps. Durant le tournage, Sasha Lane n’a pas manqué de partager son bonheur sur les réseaux sociaux, «une bénédiction», selon l’actrice reconnaissante d’avoir vécu une aventure hors du commun. Petit choc, toutefois, dans sa ville natale, coté Frisco, où personne ne s’attendait à ce que la championne athlétique du lycée, esprit libre, look grungy et tatouages «impeccables», se retrouve un jour sur un tapis rouge. Qui plus est pas n’importe lequel…

 

Marion Calviera

© PAM 2016

 


 

Informations pratiques

69e Édition du Festival de Cannes
Du 11 au 22 mai 2016

 

Affiche du film (DR)

(DR)

 

American Honey (2016) de Andrea Arnold

Genre: Comédie dramatique

Origine: Américaine, Britannique

Avec Shia LaBeouf, Sasha Lane, Riley Keough

Date de sortie: Non communiquée

Durée: 2h42

 

 


 

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