5 bonnes raisons de bénir «Maudits» de Joyce Carol Oates

#Flashback

«Maudits», roman occulte de Joyce Carol Oates, traduit de l’anglais (USA) par Claude Seban aux éditions Philippe Rey, s’impose sans conteste ni surprise aux yeux des fans, des romanciers et des éditeurs, non seulement comme le chef d’œuvre gothique de la décennie, mais également comme l’une des pièces maitresses de la carrière prolifique de l’écrivaine parmi les auteurs les plus inspirés et les plus respectés de sa génération, depuis le milieu du XXe siècle. Nos arguments en cinq points pour vous convaincre de lire ce monument de la littérature post-moderne. Par Marion Calviera

 

Maudits annonçait une année de consécration littéraire, en 2015, pour Joyce Carol Oates, romancière américaine la plus habitée de sa génération, citée à plusieurs reprises comme possible lauréate du prix Nobel de littérature. Source photo © thetimes.co.uk

 

Argument n°1  

 

« Too big too fail »

 

Nous n’avons pas avalé les 812 pages qui composent ce thriller aux allures d’une fresque historique, politique et sociale – dopée aux rites païens – nous les avons décortiquées ; et puis nous les avons englouties. Au fil des chapitres, l’oeuvre s’envisage sous la forme d’un «roman policier», un «feuilleton littéraire», explique l’auteure. «J’éprouve un plaisir spécial à inventer des intrigues policières. On ouvre des portes, on en ferme d’autres, et à un moment, on n’a plus le choix, la fin s’impose»Maudits nous permet de céder (volontiers), le temps d’un roman, à la tentation d’une visite en enfer – dans le cadre d’une journée portes ouvertes – grâce aux délires des personnages, malgré le poids du livre, l’appel du sommeil, du travail, ou de la fatigue. Au final, ce fût tellement bon que ce fût trop court, Madame Oates.

 

Argument n°2

 

«De même que vous ne vous aventureriez pas volontairement dans le monde pathogène par crainte de grands maux, vous ne vous aventureriez pas volontairement dans le monde des esprits.»  – Joyce Carolin Oates, page 144.

 

Maudits nous propulse, impuissants témoins de la fascinante terreur qui s’installe à Princetown, en 1905, dans les belles demeures et les rêves éveillés de la haute société anglo-saxonne. Un univers sans concession dans lequel l’auteure kidnappe l’attention du spectateur-voyeur, de la première à la dernière page-scène. Voyage au coeur d’ultimes jeux interdits dans le monde des esprits, des rites Vaudou, et de l’esclavage. Le plongeon dans l’histoire des Etats-Unis s’effectue ici avec une facilité presque déconcertante. Plume libre mais précise, violente, forcément torturée, toujours subtile, délicate ; une structure qui rappelle le tissage d’une toile d’araignée aussi solidement ficelée qu’un corps sans vie dans un marécage ensorcelé.

 

Argument n°3

 

« Car le diable a ce pouvoir de nous tourmenter et de nous terrifier en nous faisant douter si nous sommes sous son emprise ou simplement le jouet de fantasmes puérils » – Joyce Carolin Oates, page 210.

 

Inspiration Proust, Faulkner ou Kafka, aucun détail n’échappe aux névroses fantasmagoriques, littéraires et obsessionnelles, de Joyce Carol Oates, unique sorcière du genre capable de transcender un roman jusqu’à l’élever au rang de «Bible» post-moderne – diaboliquement anarchique – qui fait sens. «En tant qu’auteure, je me considère comme une formaliste. Je travaille sur différentes bases. Je m’intéresse au langage, à sa structure. Et lorsque je conçois une histoire, je réfléchis au langage idéal, au style approprié». Un premier manuscrit datant de 1984, «ne fonctionnait pas», selon l’intention de l’auteure se jugeant dans une «impasse». A cette époque, Joyce Carol Oates n’est pas satisfaite. «Quelque chose ne me plaisait pas» ; En 2011, à l’approche des longues nuits d’hiver, elle reprend le projet avec le soutien de son second époux. La critique (élogieuse) internationale est alors unanime, Maudits, version 2014, autant dire que ça fonctionne !

 

Argument n°4 

 

« Démons et idoles ont parties liées » – « L’Apocalypse de Saint-Jean », commentaire du nouveau testament, deuxième série.

 

Une mise en bouche littéraire « croustifondante » avant les deux prochaines étapes – Sacrifice, en janvier 2015 de même que ses mémoires, The lost landscape (Les mémoires d’un écrivain), dont la sortie – très attendue – est programmée à l’automne 2015 aux éditions Philippe Rey. Après une longue carrière et une série de deuils éprouvants, du décès de son premier époux à celui de ses parents autour des années 2000, Joyce Carol Oates estime qu’il est maintenant l’heure de se pencher sur ses souvenirs jusqu’à remonter le temps vers la période de sa formation. «Si on ne s’occupe pas de son passé, un jour c’est lui qui s’occupe de vous», confiait la semaine dernière l’écrivaine dans une rare interview accordée à M – Le magazine du Monde.

 

Argument n°5 

 

Impossible de passer à côté d’une telle productivité 

 

Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l’âge de quatorze ans. Sa rencontre avec Evelyn Schrifte, à la tête des éditions Vanguard, très peu de temps après l’obtention de son diplôme, annonce un grand tournant dans la vie de «la possédée», comme la surnomme Le Monde. Un premier recueil de nouvelles, By the North Gate, est publié dès 1963, puis, l’écrivaine prolifique d’un naturel curieux – l’une de ses principales qualités sans compter sur une intarissable source d’inspiration qui forge sa réputation – se risque quasi systématiquement à différents styles : romans, essais, nouvelles, théâtre, poésie. A ce jour, plus de soixante-dix titres ont été publiés. Joyce Carol Oates écrit également des romans policiers sous les pseudonymes Rosamond Smith & Lauren Kelly. 

 

 

Joyce Carol Oates accumule les prix depuis son premier recueil de nouvelles, By the North Gate, en 1963: 

 

1968 : M. L. Rosenthal Award, National Institute of Arts and Letters – A Garden of Earthly Delights

1970 : National Book AwardThem

1973 : O. Henry AwardThe Dead

1990 : Rea Award for the Short Story

1995 : Prix Bram StokerZombie

1996 : PEN/Malamud Award for Excellence in the Art of the Short Story

2002 : Peggy V. Helmerich Distinguished Author Award

2003 : Kenyon Review Award for Literary Achievement

2005 : Prix Femina Étranger – The Falls

2006 : Chicago Tribune Literary Prize

2010 : National Humanities Medal

2011 : Honorary Doctor of Arts, université de Pennsylvanie

 

À lire:

 

2014 : Les chutes

Joyce Carol Oates

Sortie : 03 Avril 2014

Littérature Romans Poche

Traduit par Seban, Claude de Anglais (etats-unis)

12.90 € Philippe Rey – Fugues

 

2014 : Maudits

Joyce Carol Oates

Editions Philippe Rey

Sortie : 09 Octobre 2014

Littérature Anglo-saxonne

25.00 €

 

Janvier 2015 : « Sacrifice » / Joyce Carol Oates.

Automne 2015 :  « The lost landscape » (« Les mémoires d’un écrivain ») / Joyce Carol Oates.

 

En savoir + sur Joyce Carol Oates

http://www.philippe-rey.fr

Twitter officiel de la 

Paris, France

M.C.

© PAM 2016

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